Retour

Le décret Trump sur l'immigration continue de susciter l'indignation à l'international

Les dirigeants occidentaux ont continué dimanche d'opposer des mises en garde, des critiques et des regrets au décret sur l'immigration ordonné vendredi par le nouveau président Donald Trump, mais sans le condamner fermement.

Lors d’un entretien téléphonique au cours duquel il a abordé l’accueil des réfugiés, le président français François Hollande a mis M. Trump en garde contre « le repli sur soi ».

Le combat engagé pour la défense de nos démocraties ne serait efficace que si nous l'inscrivions dans le respect des principes qui les fondent, en particulier l'accueil des réfugiés.

Communiqué publié par l’Élysée

La chancelière allemande Angela Merkel a quant à elle dit « regretter » le décret de Donald Trump et expliqué que son gouvernement examinerait les conséquences pour les Allemands ayant également la nationalité d'un des États, selon son porte-parole.

Angela Merkel s’est également dite « convaincue qu’un combat déterminé et nécessaire contre le terrorisme ne justifie pas une suspicion générale à l'égard de gens ayant certains antécédents ou certaines convictions religieuses », dans une entrevue à l'hebdomadaire Der Spiegel.

De son côté, la première ministre britannique Theresa May a admis être en désaccord avec le type d’approche adoptée par Trump, après avoir essuyé des critiques pour avoir refusé de le faire.

« La politique d'immigration des États-Unis est l'affaire du gouvernement des États-Unis, comme celle de notre pays doit être fixée par notre gouvernement. Mais nous ne sommes pas d'accord avec ce type d'approche », a déclaré un porte-parole de Downing Street, assurant que Londres interviendrait auprès du gouvernement américain si cette politique avait des conséquences sur les citoyens britanniques.

Sans se prononcer sur la nouvelle politique d’immigration de son voisin, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a présenté son pays comme un refuge pour les personnes fuyant la guerre et les persécutions dans une publication sur Twitter.

À ceux qui fuient les persécutions, la terreur et la guerre, [je dis que] les Canadiens vous accueilleront, quelle que soit votre foi. La diversité est notre force. #Bienvenue au Canada.

Justin Trudeau, sur Twitter

Indignation dans le monde musulman

La décision de Donald Trump a soulevé l’indignation dans plusieurs pays musulmans. L'Iran, ciblé par la nouvelle mesure, a vivement réagi, qualifiant d'insultante la décision américaine et a annoncé samedi qu'il appliquerait le principe de réciprocité aux voyageurs américains. Les autorités ont finalement déclaré dimanche que les voyageurs américains munis de visas seraient les bienvenus en territoire iranien.

Du côté de l’Irak, le Hachd al-Chaabi, une importante coalition militaire principalement composée de milices chiites combattant les djihadistes, a demandé à Bagdad d’interdire l’entrée au pays aux Américains à la suite de la décision de Washington.

Ces groupes travaillent aux côtés de 4800 militaires américains dans le but de reprendre Mossoul, la deuxième ville du pays, présentement aux mains du groupe armé État islamique.

Bien que son nom ne figure pas sur la liste des pays visés par le décret, l’Indonésie, plus grand pays musulman dans le monde, a dit « regretter profondément » la décision américaine, qui pourrait « nuire à la lutte globale contre le terrorisme ».

Il est faux de lier l'extrémisme et le terrorisme à une religion en particulier.

Arrmanatha Nasir, porte-parole du ministère des Affaires étrangères d'Indonésie

L'ONU réagit

L’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont demandé au gouvernement américain de poursuivre sa tradition de terre d’accueil des réfugiés fuyant les conflits et la persécution.

Donald Trump, par l'entremise de son compte Twitter, a défendu son décret dimanche, assurant qu’il est plus que jamais nécessaire en ce moment : « Notre pays a besoin de frontières fortes et de vérifications extrêmes MAINTENANT. »

La mesure interdit l'entrée aux États-Unis de réfugiés et ressortissants provenant de sept pays musulmans: la Libye, la Syrie, l'Iran, l'Irak, le Soudan, le Yémen et la Somalie. La décision d'une juge a toutefois suspendu samedi soir la mesure de renvoi des personnes munies de papiers en règle.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine