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Le fils Trump n'a pas parlé à son père de sa rencontre avec une avocate russe

Donald Trump fils a assuré mardi à la chaîne Fox News qu'il n'avait pas parlé à son père de sa rencontre avec une avocate proche du Kremlin qui lui avait été présentée comme détentrice d'informations compromettantes sur Hillary Clinton. « Non, ce n'était rien, il n'y avait rien à rapporter », a-t-il déclaré quelques heures après avoir publié ses communications avec l'avocate.

« Je ne m'en serais même pas souvenu si vous n'aviez pas commencé à fouiller là-dedans. C'était vraiment 20 minutes gâchées, vraiment dommage », a-t-il expliqué au présentateur Sean Hannity, dans une entrevue à la chaîne Fox News.

« Honnêtement, je me disais que quelqu'un avait des informations sur notre adversaire. Les choses vont à un million de kilomètres-heure [...]. C'est peut-être quelque chose qu'il faut que j'écoute », a-t-il dit, en arguant que l'avocate avait peut-être des preuves sur des « histoires » qui n'avaient pas été assez couvertes.

Mais il a reconnu qu'« avec le recul, je ferais probablement les choses un peu différemment », sans dire comment.

L'existence de la rencontre a été révélée samedi par le New York Times, puis des courriels publiés mardi ont montré que Mme Veselnitskaïa lui avait été présentée par un intermédiaire comme une « avocate du gouvernement russe ».

Mais l'avocate aurait, selon M. Trump, surtout parlé de la loi américaine Magnitski, qui sanctionne des Russes pour des violations de droits humains et contre laquelle elle milite.

Ces communications publiées sur le compte Twitter de Donald Trump fils sont les premiers documents constituant une preuve formelle qu’une personne de l’équipe Trump a consciemment pris part à des manœuvres avec le gouvernement russe en vue de favoriser la campagne présidentielle du candidat républicain Donald Trump.

Le seul fait d'avoir accepté de rencontrer une personne présentée comme représentant le pouvoir russe, dans le but affiché d'obtenir des informations pouvant influer sur le cours de l'élection présidentielle américaine, a scandalisé l'opposition démocrate au Congrès, dont des élus estiment que cela s'apparente à une tentative de coordination avec une puissance étrangère hostile.

Donald Trump fils, qui a joué un rôle prépondérant dans la campagne de son père, a affirmé dans un communiqué avoir décidé de publier ces courriels par souci de transparence.

La diffusion de ces messages survient en fait trois jours après la publication dans le New York Times d'informations sur l'existence d'échanges de renseignements et d'une rencontre entre des membres rapprochés de l'équipe de campagne Trump et l'avocate russe Natalia Veselnitskaïa.

Âgé de 39 ans, Donald Trump fils n'a pas accepté de poste à la Maison-Blanche à la suite de la victoire de son père. Son frère Eric et lui assurent plutôt la gestion de l'empire immobilier de la Trump Organization.

Contacté par l'imprésario d'un chanteur russe

Dans cette série de messages électroniques, on apprend notamment que Donald Trump fils a été contacté le 3 juin 2016 par Rob Goldstone, un agent d’artiste britannique qui représente le chanteur russe Emin Agalarov, dont la famille est proche de celle de Donald Trump.

Selon ce courriel, Rob Goldstone prévient le fils du président que le procureur général de Russie a offert de donner à la campagne Trump « des informations et des documents officiels qui incrimineraient Hillary [Clinton] et ses transactions avec la Russie, et qui seraient très utiles à [son] père ».

Rob Goldstone demande ensuite au fils Trump s’il serait prêt à parler au chanteur Emin Agalarov à ce propos.

Rencontre à la Trump Tower de New York

Toujours selon les messages publiés, Donald Trump fils lui aurait répondu : « Je voyage en ce moment, mais peut-être que je peux parler à Emin d'abord. On dirait qu'on a un peu de temps et, si c'est ce que vous dites, j'adore [l'idée], surtout plus tard cet été ».

En fait, Rob Goldstone essayait d'organiser une rencontre entre M. Trump fils et l'avocate russe Natalia Veselnitskaïa, présentée comme « une avocate du gouvernement russe ». La rencontre aurait eu lieu à la Trump Tower de New York, le 9 juin 2016, en présence du gendre du président Trump, Jared Kushner, et de son directeur de campagne, Paul Manafort.

L'équipe Trump a « pris ses désirs pour des réalités », selon l'avocate

L'avocate Natalia Veselnitskaïa se défend pour sa part d’être une représentante du gouvernement russe, dans une entrevue accordée au réseau américain NBC.

Reconnaissant avoir effectivement rencontré le fils de Donald Trump en 2016, la juriste explique qu’elle n’a pas de lien avec le Kremlin et qu'elle a voulu rencontrer le fils Trump pour discuter des sanctions américaines visant des personnalités russes.

Il n’aurait pas été question de la candidate démocrate Hillary Clinton lors de cette rencontre, selon elle.

Or, selon le New York Times, l’avocate Natalia Veselnitskaïa est réputée pour être proche du Kremlin.

« Il est bien possible qu'ils [l’équipe de Donald Trump] étaient à la recherche d'informations de ce genre. Ils le voulaient tellement qu'ils ont pris leurs désirs pour des réalités », a supposé la juriste.

Dans une déclaration lue par sa porte-parole, le président Donald Trump a salué « la transparence » dont fait preuve son fils aîné. « Mon fils est une personne de grande qualité et j'applaudis sa transparence », a-t-il communiqué.

Il n’en est pas de même pour Mike Pence, qui a pris ses distances avec le fils du président. Le porte-parole du vice-président a déclaré dans un communiqué à MSNBC que M. Pence « n'était pas au courant de la rencontre. Il ne s'intéresse pas non plus aux histoires qui concernent la campagne, surtout celles qui précèdent le moment où il a rejoint la campagne ».

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