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Le FMI réitère sa confiance à sa patronne, accusée de négligence en France 

Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a été déclarée coupable lundi, par la justice française, de « négligence » alors qu'elle était ministre de l'Économie en France. Elle a toutefois été dispensée de purger une peine.

Le conseil d'administration du FMI, qui représente ses 189 États membres, a réaffirmé, dans un communiqué, sa pleine confiance dans « la capacité de la directrice générale de continuer d'assumer ses fonctions efficacement ».

La Cour de justice de la République, une instance mi-politique mi-judiciaire, seule habilitée à juger les ministres et les anciens ministres français pour des faits commis dans l'exercice de leurs fonctions, a estimé que la « personnalité » de la patronne du FMI et sa « réputation internationale » plaidaient en sa faveur et justifiaient de la dispenser de peine.

Christine Lagarde, qui vient d’être reconduite dans ses fonctions de directrice générale du FMI pour un second mandat de cinq ans, qui a débuté en juillet.

Mme Lagarde risquait jusqu'à un an de prison et 15 000 euros (20 916 $) d'amende. Le parquet avait requis la relaxe à son endroit, bien que la « négligence » de la ministre de l’Économie ait mené à un détournement de fonds publics.

Son avocat, Me Patrick Maisonneuve, a déclaré à la presse qu'il étudierait l'opportunité d'un pourvoi en cassation.

Une histoire qui remonte aux années 1990

L’affaire tourne autour de la vente, au début des années 1990, de l'équipementier sportif Adidas par l'homme d'affaires et ancien ministre de gauche Bernard Tapie. Après la transaction, conclue par la banque publique Crédit lyonnais, qui est aussi partie prenante de l’opération, Bernard Tapie se sent floué et entame une procédure judiciaire.

En 2007, pour mettre fin à cette interminable poursuite judiciaire, le ministère de l'Économie décide de recourir à un arbitrage privé, contre l'avis d'un organe consultatif. Christine Lagarde vient alors d’entrer en poste.

Les trois arbitres accordent l'année suivante à Bernard Tapie la somme de 404 millions d'euros (563 millions de dollars), qui proviennent du Trésor public.

Quelques années plus tard, des doutes émergent sur le bon déroulement de l’arbitrage. Une enquête est ouverte et on conclut à un arbitrage frauduleux, qui est annulé en 2015. Bernard Tapie est condamné à rembourser tout ce qu’il a reçu de l’État.

Christine Lagarde est de son côté accusée d’avoir laissé l'arbitrage s'organiser, mais aussi de ne pas avoir introduit de recours contre la décision des arbitres, malgré le montant exorbitant alloué à Bernard Tapie.

C’est sur ce point qu'elle a été reconnu coupable, lundi.

« On ne lui a pas reproché d'avoir donné son feu vert pour entrer en arbitrage, mais simplement d'avoir négligé d'exercer un recours en annulation », a précisé son avocat.

Pendant le procès, Mme Lagarde s’est notamment défendue en affirmant que, comme elle était occupée à régler la crise financière de 2008, elle avait suivi les recommandations de ses conseillers « dans cette affaire d'arbitrage » qui n'était « pas une priorité ». « Le risque de fraude m'a totalement échappé », a-t-elle déclaré.

D'ailleurs, dans son jugement, la Cour a indiqué que le fait qu'elle bataillait à l'époque contre une « crise financière internationale » était une autre bonne raison pour la dispenser de peine.

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