Les dirigeants des grandes puissances se réunissent à Hambourg, en Allemagne, dès aujourd'hui. À quoi sert ce club select et qui en fait partie?

1. Qu’est-ce que le G20?

C’est un groupe qui rassemble 20 puissances économiques mondiales. Il est né en partie grâce à l’initiative de Paul Martin, alors ministre des Finances du Canada, qui a proposé à la fin des années 1990 de créer un forum permanent de discussion pour les questions économiques qui préoccupaient la communauté internationale.

2. Qui en fait partie?

Les membres du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), l'Union européenne et une dizaine d’autres pays représentant les économies émergentes.

À ces rencontres participent également des représentants d’organisations internationales, telles que :

  • le Fonds monétaire international (FMI)
  • la Banque mondiale (BM)
  • l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)
  • l’Organisation internationale du travail (OIT)
  • l’Organisation mondiale du commerce (OMC)
  • l’Organisation des Nations unies (ONU)
  • le Conseil de stabilité financière (CSF)

Chaque année, d’autres pays sont invités à la rencontre. L’Espagne est une invitée permanente et en 2017 s’y ajoutent la Norvège, les Pays-Bas, Singapour et trois organisations : l’Union africaine, l’Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) et le Nouveau Partenariat de l’Afrique (NEPAD).

3. À quoi sert le G20?

Le G20 a été créé avec l’objectif d’inclure les nouvelles puissances dans la concertation internationale sur les questions économiques. « On s’est rendu compte que tout effort de stabilisation économique qui ne comprenait pas les pays émergents, en particulier la Chine et l’Inde, était voué à l’échec », explique Philippe Faucher, chercheur au CERIUM et professeur au Département de science politique de l’Université de Montréal.

À l’origine, les rencontres du G20 réunissaient les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales. Mais, depuis la crise de 2008, on y a associé les dirigeants politiques, avec la conséquence que la teneur des discussions a quelque peu changé.

« On a voulu donner de l’importance au G20 en y impliquant directement les chefs d’État et de gouvernement, et leur agenda politique et les enjeux de sécurité internationale se sont immiscés dans la discussion qui était, au départ, purement économique », ajoute M. Faucher.

4. Est-ce que le G20 est efficace?

Oui, soutient Hélène Émorine, coprésidente du centre de recherche sur le G20 basé à l’Université de Toronto.

« Avec la crise financière de 2008, on a vraiment vu l’utilité du G20 et l’inclusion des économies émergentes », affirme-t-elle. « La crise a été mondiale. Les solutions concrètes ne pouvaient être apportées sans l’aide de pays comme la Chine, le Brésil ou l’Argentine, qui font vraiment partie de cette économie mondiale interconnectée. »

Les États se sont notamment entendus sur des plans de relance coordonnés, sur des mesures de soutien aux banques et sur l’aide à apporter aux pays émergents, mais aussi sur les failles de la régulation financière mondiale.

Le Centre de recherche sur le G20 publie annuellement un rapport qui fait le suivi des engagements pris par les grandes puissances dans le cadre du sommet. Selon ses données, le rendement en matière de conformité pour le plus récent sommet, soit celui de Hangzhou, en Chine, en 2016, était de 79 %.

« Un des thèmes importants, à Hangzhou, était l’innovation et l’économie digitale », ajoute Mme Émorine. « Les membres du G20 ont promis d’accroître leur collaboration avec les pays externes sur l’innovation, surtout l’innovation scientifique. »

Philippe Faucher, pour sa part, est un peu plus sceptique sur les résultats concrets de ces rencontres, même s’il croit qu'elles ont leur utilité. Il cite notamment l’exemple de l’augmentation de l’aide internationale, un enjeu sur lequel les États ont pris des engagements concrets dans le cadre des sommets du G20.

« C’est très dur de savoir ce qui serait arrivé s’il n’y avait pas eu ces rencontres », avance M. Faucher. « La concertation, la collaboration et les contacts sont un signe rassurant. Tant que nos dirigeants se parlent, on est plus susceptibles d’éviter les catastrophes. »

5. À quoi s’attendre lors du prochain sommet?

Selon les deux experts, la mondialisation de l’économie sera à l’avant-plan de la rencontre, dans le contexte du protectionnisme déclaré du président américain Donald Trump et du Brexit. On en a déjà eu un avant-goût lors de la rencontre des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales au printemps dernier.

« Il y aura des pressions sur les États-Unis pour éviter que la renégociation de l’ALENA se transforme en poussée protectionniste », croit Philippe Faucher.

Il pense également que la réforme des institutions financières et la fiscalité des multinationales seront au programme.

« La présidence allemande a désigné la mondialisation comme une des priorités de la rencontre », souligne Hélène Émorine. Il devrait également être question des changements climatiques, du développement durable et des énergies renouvelables.

Des questions politiques incontournables, comme la lutte contre le terrorisme et le groupe armé État islamique, la guerre en Syrie et la crise des migrants, seront également au programme.

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