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Le G7 devrait réintégrer la Russie en son sein, lance Trump

Le président américain Donald Trump a invité les autres pays membres du G7 à envisager la réintégration de la Russie, lors d'une mêlée de presse avant de s'envoler pour le sommet de La Malbaie.

Moscou a été membre de ce regroupement pendant 16 ans avant d'en être exclu en 2014, après avoir annexé la Crimée. La Russie avait intégré en 1998 ce qui s'est alors appelé le G8, sous la présidence de Boris Eltsine.

Cette déclaration a aussitôt été accueillie favorablement pour le premier ministre italien Giuseppe Conte. « Je suis d'accord avec le président [Trump], a-t-il tweeté. La Russie devrait être réadmise dans le G8. C'est dans l'intérêt de tout le monde. »

Le nouveau gouvernement que dirige M. Conte, constitué par le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite), a déjà indiqué sa volonté d'adopter une politique étrangère prorusse, et prône l'abandon de sanctions commerciales contre Moscou.

La position du Canada, elle, « n'a pas changé », a commenté vendredi Cameron Ahmad, directeur adjoint des communications au bureau du premier ministre canadien Justin Trudeau. Alors qu'il était dirigé par les conservateurs de Stephen Harper, le gouvernement canadien avait appuyé l'expulsion de Moscou.

Il est en outre de notoriété publique que la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, est très critique du Kremlin. Elle est d'ailleurs sur une liste de persona non grata en Russie en raison de ses positions pro-ukrainiennes.

« Laissons cela à sept, comme c'est le cas actuellement », a commenté le président du Conseil européen, Donald Tusk, lors d'une conférence de presse tenue en matinée, à La Malbaie, en compagnie du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Ce dernier a souligné qu'il était important de prendre position contre l'agression russe en Crimée, puisqu'il s'agissait là d'une violation du droit international. Il a ajouté que le dossier russe ferait l'objet de discussions, comme c'est le cas lors de toutes les rencontres du G7.

Incohérence

La proposition du président Trump « ne semble pas cohérente », a pour sa part fait savoir une source au sein de la présidence française, en soulignant que les États-Unis sont le dernier pays à avoir imposé des sanctions économiques individuelles visant la Russie. « Essayons déjà de produire des solutions à sept », a-t-elle ajouté.

La chancelière allemande Angela Merkel a assuré vendredi que la « position commune » des pays européens du G7 était en ce moment de s'opposer à une réintégration de la Russie.

« Nous sommes d'accord pour dire qu'un retour de la Russie dans le format G7 n'est pas possible tant que nous ne verrons pas de progrès substantiels en relation avec le problème ukrainien. C'est notre position commune », a-t-elle dit en marge du sommet.

La Grande-Bretagne a de son côté aussi fait savoir rapidement qu'elle était toujours opposée au retour de la Russie au sein du groupe.

Pendant que les dirigeants des pays du G7 se réunissent à La Malbaie, le président russe Vladimir Poutine est plutôt reçu avec tous les honneurs à Pékin par son homologue chinois Xi Jinping, à l'occasion du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai, qui rassemble plusieurs pays d'Asie.

Critiques du camp républicain

Aux États-Unis, le sénateur républicain John McCain a critiqué sévèrement la prise de position de Donald Trump, affirmant qu’elle était une voie sûre pour faire diminuer le leadership des États-Unis dans le monde.

« Le président a inexplicablement montré à nos adversaires la déférence et l’estime qui devraient être réservées à nos plus proches alliés. Les nations qui partagent nos valeurs et qui ont fait des sacrifices à nos côtés pendant des décennies sont traitées avec mépris », a-t-il déploré.

Un autre sénateur républicain, Ben Sasse, a aussi réprouvé les paroles du président.

« Poutine n'est pas notre ami et il n'est pas le copain du président. C'est un voyou qui utilise l’agression de style soviétique pour mener dans l’ombre une guerre contre l'Amérique, et nos dirigeants devraient agir de la même façon », a-t-il déclaré.

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