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Le général Flynn avait perdu la confiance de Trump, confirme la Maison-Blanche

Le président américain Donald Trump a exigé et obtenu la démission de son conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn moins d'un mois après son entrée en fonction parce qu'il avait perdu confiance en lui, a confirmé mardi le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer.

« Le niveau de confiance entre le président Trump et le général Flynn s'était érodé à un point où il a senti qu'il devait faire un changement », a expliqué M. Spicer lors de son point de presse quotidien, le premier depuis que le départ de M. Flynn a été annoncé lundi soir. « Le président était particulièrement inquiet que le général Flynn ait induit en erreur le vice-président et d'autres personnes. »

Ce n'est pas une question légale, c'est plutôt une question de confiance.

Sean Spicer

« La situation était devenue intenable », avait préalablement déclaré la conseillère du président Donald Trump Kellyanne Conway à l’émission Today du réseau NBC. « Avant la fin de la soirée, Mike Flynn avait décidé qu'il était préférable de démissionner. Il savait qu'il était devenu un bouc émissaire et il a pris cette décision. »

Mme Conway était demeurée vague sur les raisons qui ont incité la Maison-Blanche à attendre aussi longtemps avant de réagir après avoir été informée que le département de la Justice se penchait sur cette affaire, qui pouvaient placer le général Flynn dans une situation compromettante. « Au fil du temps, la situation est devenue insoutenable », s’est-elle contentée de répéter.

M. Spicer a plutôt expliqué qu'après avoir été mis au courant par le département de la Justice, le président a saisi le conseiller juridique de la Maison-Blanche du dossier. Ce dernier a finalement conclu qu'il n'y avait pas de problème juridique avec les agissements du général Flynn. La question de la confiance entre le président Trump et son conseiller à la sécurité nationale est alors devenue centrale.

Flynn admet avoir fourni de « l'information incomplète »

Les problèmes de M. Flynn ont commencé jeudi dernier, lorsque le Washington Post a rapporté qu'il avait discuté des sanctions imposées à la Russie par l'ancien président Barack Obama avec l'ambassadeur russe aux États-Unis, Sergey Kislyak, lors d'une conversation téléphonique tenue le 29 décembre. Les sanctions à la Russie avaient été imposées la veille.

Le grand quotidien avait déjà évoqué cette possibilité quelques semaines plus tôt, mais sans en avoir la certitude. M. Flynn avait alors nié avoir discuté des sanctions, une défense rapidement répétée par le vice-président Mike Pence.

Les nouvelles révélations du quotidien, appuyées par des sources au sein des services de renseignements, qui enregistrent ces appels avec des diplomates étrangers, ont cependant forcé M. Flynn à changer sa version des faits. Depuis vendredi dernier, la version officielle était qu'il n'avait « aucun souvenir » d'avoir discuté des sanctions, laissant planer la possibilité qu'il l'avait fait.

Dans sa lettre de démission, M. Flynn admet d'ailleurs avoir donné de « l’information incomplète » à M. Pence et à l’équipe du président Trump.

Le Kremlin avait confirmé que Flynn était en contact avec son ambassadeur Serguei Kislyak, tout en niant que les deux hommes avaient abordé le dossier des sanctions.

Jeudi, la Maison-Blanche avait envoyé des messages contradictoires sur le statut de M. Flynn. Pendant que Mme Conway réitérait la confiance de M. Trump en son conseiller pour la sécurité nationale, M. Spicer soutenait plutôt qu'il « évaluait la situation ».

La démission de M. Flynn ajoute de l'eau au moulin de ceux qui souhaitent la tenue d'une enquête du Congrès sur l’implication de la Russie au cours de la dernière élection présidentielle qui a conduit M. Trump à la Maison-Blanche, selon le sénateur républicain Bob Corker.

Président du comité sénatorial sur les Affaires étrangères, M. Corker estime que M. Flynn pourrait avoir à témoigner dans une éventuelle audience du congrès à ce sujet.

M. Flynn est le deuxième membre de l’entourage de M. Trump à quitter ses fonctions en raison de relations avec la Russie. L’ancien président de la campagne de M. Trump, Paul Manafort, avait dû quitter ses fonctions en raison, notamment, de ses liens avec des responsables prorusses en Ukraine.

Michael Flynn sera remplacé sur une base intérimaire par le général Keith Kellogg, a annoncé la Maison-Blanche. M. Spicer a refusé de se prononcer sur le moment où un nouveau titulaire entrera en fonction.

« Pas nos affaires », selon le Kremlin

Bien qu'indirectement impliquée, la Russie ne souhaite pas commenter la démission de Michael Flynn. Le Kremlin a justifié son mutisme en indiquant qu'il s'agissait d'une affaire intérieure américaine.

« C'est une affaire intérieure aux États-Unis, c'est une affaire intérieure de l'administration du président Trump. Ce ne sont pas nos affaires », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

L’élite politique russe a pour sa part qualifié cette démission de coup dur pour les relations entre les deux pays. « Cette situation [...] a tout d'une provocation, a affirmé le président de la commission pour les affaires étrangères à la Douma [la chambre basse du Parlement], Leonid Sloutski.

C'est un signal négatif pour le rétablissement du dialogue russo-américain au moment où les relations entre Moscou et Washington sont au plus bas depuis la fin de la guerre froide.

Leonid Sloutski, président de la commission pour les affaires étrangères à la Douma

« Dans ces circonstances, on ne peut conclure que d'une manière : ce sont les relations russo-américaines qui ont été visées », a-t-il dit à l'agence publique RIA Novosti.

Le chef de la commission pour les affaires étrangères au Conseil de Fédération (chambre haute), Konstantin Kosatchev, a de son côté dénoncé des pressions exercées sur le président Trump.

« Soit Trump n'a pas retrouvé l'indépendance qu'il cherchait et on le met le dos au mur, soit la nouvelle administration est déjà totalement atteinte de russophobie », a-t-il estimé, cité par RIA Novosti.

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