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Le gouverneur du Dakota du Nord ordonne l'évacuation du camp de Standing Rock

Le gouverneur républicain du Dakota du Nord, Jack Dalrymple, a ordonné lundi l'évacuation d'urgence du camp occupé depuis des mois par des manifestants, situé sur le site du Dakota Access Pipeline, en raison des conditions difficiles de l'hiver qui pourraient « menacer leurs vies ».

« Ce qui est dangereux, c’est de forcer des campeurs bien installés à sortir de leurs abris pour se retrouver dans le froid », a rétorqué le président de la Première Nation sioux de Standing Rock, Dave Archambault II.

S’il y a une réelle inquiétude concernant la sécurité du public, alors le gouvernement devrait cesser de permettre l’utilisation de grenades, de canons à eau à haute pression lors de températures glaciales […] et de toute autre arme pouvant être nuisible aux manifestants.

Dave Archambault II, président de la Première Nation sioux de Standing Rock

La semaine dernière, le Corps des ingénieurs de l’armée des États-Unis (USACE) a annoncé la fermeture du camp de Standing Rock le 5 décembre prochain. « Cette décision est nécessaire pour protéger le public des affrontements violents entre les manifestants et les autorités », indique la lettre adressée à la Nation sioux de Standing Rock.

Quiconque resterait sur le site au-delà de cette date pourrait être accusé d’intrusion illégale, avise la note.

Or, le gouverneur de l’État, Jack Dalrymple, a décidé de passer en deuxième vitesse en avançant la date annoncée par l’USACE. Il est du ressort de l’État d’assurer la sécurité de ses citoyens, stipule le décret adopté lundi.

« Nous redoutons que cette ordonnance donne lieu à de nouvelles violations des droits de l’homme », s’inquiète Dave Archambault II, qui voit ce décret comme une « tentative évidente de la part du gouverneur d’usurper et de contourner les autorités fédérales ».

Depuis le printemps 2016, le mouvement militant, qui dénonce la construction de l’oléoduc Dakota Access de la compagnie Energy Transfer Parners sur des terres ancestrales, a pris de l’ampleur.

Des membres d’autres nations autochtones aux quatre coins des États-Unis et plusieurs personnalités connues sont venus grossir les rangs du camp Oceti Sakowin, au nord de la réserve de Standing Rock, où s’organise la résistance.

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