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Le Hamas et le Fatah se réconcilient après 10 ans d'une âpre rivalité

Le mouvement islamiste Hamas et son rival, le Fatah, ont conclu un accord jeudi au Caire en vue d'une réconciliation intrapalestinienne qui commencera par le déploiement de 3000 policiers de l'Autorité palestinienne à Gaza et la visite prochaine de son président, Mahmoud Abbas, pour la première fois en 10 ans.

Selon les termes de cet accord, l'Autorité palestinienne, reconnue par la communauté internationale, « pourra assumer toutes ses responsabilités dans les domaines civils et de la sécurité » à Gaza ainsi qu’aux frontières avec Israël et l'Égypte, selon un haut responsable palestinien cité par l’Agence France-Presse.

Outre le déploiement de ces policiers dans les territoires contrôlés par le Hamas depuis les affrontements meurtriers de 2007, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui n’a pas mis les pieds à Gaza depuis ce temps, visitera la ville dans moins d’un mois, a déclaré à l'AFP Zakaria al-Agha, chef du parti Fatah, à Gaza.

En contrepartie, l’Autorité palestinienne doit lever « très bientôt » les mesures financières prises en 2017, comme l’arrêt de paiement de la facture d'électricité gazaouie à Israël, pour forcer le Hamas à la conciliation. L'Autorité palestinienne avait commencé en avril à réduire ses paiements pour l'électricité livrée par Israël à la bande de Gaza. L'alimentation par le réseau public était tombée à trois heures par jour dans la bande de Gaza.

Évoquant un « accord final pour mettre fin aux divisions », Mahmoud Abbas s’est félicité des progrès accomplis dans le rapprochement des deux parties.

Le leader du Hamas, Ismail Haniyeh, a pour sa part affirmé dans un communiqué que l'accord a été rendu possible grâce à la « générosité » de l'Égypte, sans en révéler davantage.

La conclusion de cet accord qualifié de « spectaculaire » entre les deux rivaux palestiniens qui se sont déchirés pendant 10 ans pour le contrôle des territoires palestiniens, aurait en effet été réalisée grâce à la contribution du gouvernement égyptien qui a parrainé les pourparlers.

Le mouvement islamiste Hamas et son concurrent laïc et modéré du Fatah discutaient en secret depuis mardi au Caire pour concrétiser des efforts de réconciliation annoncés au début octobre.

Selon un communiqué du gouvernement égyptien, qui a supervisé les pourparlers, le Hamas et la Fatah se donnent jusqu'au 1e décembre prochain pour compléter le tranfert de pouvoir dans la bande de Gaza et régler « tous leurs différends », ajoute le texte. Les deux camps doivent se réunir au Caire le 21 novembre prochain pour poursuivre les travaux.

De nombreuses questions en suspens

Les termes précis de l’accord de réconciliation entre le Fatah et le Hamas doivent être dévoilés en conférence de presse au Caire, au cours de la journée. De nombreuses questions demeurent en suspens, notamment le contrôle de la sécurité dans la bande de Gaza, le sort des 25 000 combattants du bras armé du Hamas et le partage des pouvoirs.

Le Hamas a prévenu de son côté que la question de ses armes n'était pas négociable. Les parties doivent aussi régler le sort de dizaines de milliers de fonctionnaires recrutés depuis 2007 par le Hamas.

Dans le cas où le Hamas resterait en charge de la sécurité dans la bande de Gaza, Mahmoud Abbas a prévenu qu'il n'accepterait pas « qu'on clone l'expérience du Hezbollah au Liban ».

Le Hamas, qui a expulsé l’Autorité palestinienne de la bande de Gaza par la force en 2007, règne sans partage depuis sur cette bande de territoire de 41 kilomètres de long où vivent 1,9 million de Palestiniens.

Cette population a été mise à rude épreuve par trois guerres menées contre Israël depuis 2008, le chômage, les pénuries d’eau et la pauvreté.

Considéré comme un groupe terroriste par les États-Unis, Israël et l’Union européenne, le Hamas est en état de siège dans la bande de Gaza depuis 10 ans.

L’Autorité palestinienne, reconnue par la communauté internationale comme l’entité gouvernante officielle dans les territoires palestiniens, est quant à elle dirigée par le Fatah qui n’exerce plus son pouvoir qu’en Cisjordanie, un territoire occupé par Israël et isolé de la bande de Gaza par plusieurs dizaines de kilomètres.

Les deux parties n'en sont pas à leur première tentative de réconciliation. Des discussions, entamées en 2011, aboutissent en 2014 par la signature d'un accord de réconciliation qui doit se traduire par un gouvernement d'union nationale, mais la tentative échoue.

Le Hamas doit déposer les armes, insiste Israël

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a prévenu que son pays ne traitera qu’avec un gouvernement qui parlera au nom de toutes les factions palestiniennes.

Israël exige aussi que le Hamas démantèle son bras armé, qu’il rompe ses relations avec l'Iran et qu’il reconnaisse l’État d’Israël.

« Toute réconciliation entre l'Autorité palestinienne et le Hamas doit inclure un engagement à respecter les accords internationaux et les conditions du Quartette (pour le Proche-Orient), à commencer par la reconnaissance d'Israël et la démilitarisation du Hamas », a déclaré à l'Agence France-Presse un officiel israélien qui a requis l'anonymat.

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