Le parti chiite Hezbollah, soutenu par l'Iran, a remporté la majorité des sièges au Parlement libanais lors des législatives de dimanche, confirmant l'influence de Téhéran dans l'axe Syrie-Irak-Liban.

Selon des résultats préliminaires annoncés par des politiciens et des médias locaux, le Hezbollah et ses alliés ont remporté un peu plus de la moitié des sièges au Parlement libanais lors du scrutin qui faisait l’objet cette année de plusieurs changements.

Considéré comme un groupe terroriste par les États-Unis, le Hezbollah, solide allié du régime syrien de Bachar Al-Assad, aurait décroché au moins 67 sièges au Parlement qui en compte 128, selon un calcul effectué par l’agence Reuters.

Une « grande victoire » selon le Hezbollah

Le mouvement chiite libanais Hezbollah a pour sa part salué ce scrutin comme une « grande victoire », sans toutefois s’avancer sur le nombre de sièges obtenus par son parti.

Le Hezbollah partage les sièges remportés avec ses alliés du mouvement chiite Amal du président du Parlement Nabih Berri et le Courant patriotique libre (CPL), parti du président libanais Michel Aoun, un chrétien maronite.

Parmi les candidats vedettes du Hezbollah qui ont été élus figure notamment Jamil Al-Sayyed, un général chiite à la retraite et ancien chef des services secrets libanais et un ami du président syrien Bachard Al-Assad.

Or, il n’y a pas que le Hezbollah qui a fait des gains dans cette élection. À l’autre bout du spectre politique, le parti chrétien des Forces libanaises de Samir Geagea, anti-Hezbollah, a pratiquement doublé le nombre de ses députés, qui passerait de 8 à 15, selon les résultats préliminaires.

Lourde défaite pour Saad Hariri

Considéré comme le grand perdant de ces élections, le premier ministre sortant Saad Hariri, soutenu par l’Occident et l’Arabie saoudite, a lui-même admis lundi avoir perdu environ le tiers des sièges que détenait sa formation.

Le Courant du Futur (son parti ) détiendra environ 21 sièges au nouveau Parlement libanais qui était renouvelé pour la première fois depuis neuf ans, selon Saad Hariri qui détenait 33 sièges dans l’ancienne législature.

« Nous avions parié sur un meilleur résultat et un bloc plus large », a déclaré Saad Hariri en blâmant au passage la complexité de la nouvelle loi électorale adoptée en 2017.

Une nouvelle loi électorale

La nouvelle loi libanaise, qui introduisait cette année pour la première fois un mode de scrutin proportionnel dans le pays, a laissé beaucoup d’électeurs perplexes.

Le jeu des listes électorales surtout a semé la confusion puisque certains électeurs étaient parfois obligés de choisir parmi des listes électorales où leurs candidats favoris étaient alliés à des partis qu’ils ne soutenaient pas.

Le peu d’enthousiasme des électeurs, en dépit de nombreux appels au vote par les candidats, s’est quant à lui traduit par une baisse du taux de participation, qui avoisinait les 49,2 %, contre 54 % aux législatives de 2009.

Hariri devrait demeurer premier ministre

Malgré cette défaite où il perd le tiers de ses sièges, Saad Hariri demeure néanmoins majoritaire chez les dirigeants sunnites et devrait selon toute vraisemblance être celui qui sera chargé de former le prochain gouvernement libanais.

C’est qu’en vertu de la Constitution fondée sur un système de partage du pouvoir, le premier ministre du pays doit être de confession sunnite, peu importe le résultat des législatives.

Les autres fonctions de l’État sont aussi dévolues à certaines confessions pour assurer la représentativité confessionnelle à la tête de l’État.

C’était la première fois que les Libanais étaient appelés aux urnes depuis neuf ans en raison de la prorogation du mandat du Parlement à trois reprises depuis 2009 pour des raisons de sécurité notamment.

Pas de différence entre l'Iran et le Hezbollah, prévient Israël

Cette majorité du Hezbollah et de ses alliés au Parlement libanais inquiète Israël, qui partage une frontière avec le Liban.

Lundi, un des ministres du cabinet de Sécurité israélienne a déclaré que les résultats des législatives indiquent clairement que l’État libanais se confond désormais avec le Hezbollah, soutenu par l’Iran et que les Israéliens ne feront pas de distinction entre les deux en cas de guerre, a rapporté l’agence Reuters.

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