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Le juge « pivot » de la Cour suprême des États-Unis tire sa révérence

Le juge de la Cour suprême américaine Anthony Kennedy, considéré comme un conservateur modéré, a annoncé mercredi qu'il prenait sa retraite. Ce départ permettra au président Donald Trump de lui nommer un successeur, ce qui pourrait faire glisser le plus haut tribunal du pays vers la droite.

Donald Trump, qui l’a qualifié de « personne exceptionnelle », a déclaré peu de temps après l'annonce que la recherche de son remplaçant commencerait immédiatement.

Le président a une liste de 25 candidats potentiels à la Cour suprême, que la Maison-Blanche a déjà rendue publique. Donald Trump a déclaré que le remplaçant du juge Kennedy viendrait de cette liste.

De son côté, le leader de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, a indiqué que le vote pour confirmer son successeur aurait lieu cet automne.

Un tribunal plus à droite

Les juges conservateurs sont majoritaires à la Cour suprême depuis la nomination de Neil Gorsuch l'an dernier.

Or, cette majorité a été tempérée à plusieurs reprises en raison de la voix dissonante du juge Kennedy, considéré comme le juge « pivot » de l’instance juridique, qui compte neuf magistrats.

Sur presque toutes les grandes questions soumises à la Cour ces dernières années, ni les juges libéraux, nommés par les démocrates, ni les conservateurs, nommés par les républicains, ne pouvaient l'emporter sans son vote décisif.

Nommé par le président Ronald Reagan il y a 30 ans, le juge Kennedy a voté à plusieurs reprises au cours de sa carrière pour protéger les lois permettant l'avortement. Il s’est aussi prononcé en faveur des droits des homosexuels, notamment en rendant légal le mariage gai dans l’ensemble des États-Unis.

Anthony Kennedy s'est également joint aux juges progressistes afin d'interdire la peine capitale pour les plus jeunes délinquants, de déclarer que les prisonniers de Guantanamo avaient le droit de contester leur détention et de limiter le pouvoir des États souhaitant appliquer des lois plus strictes en matière d'immigration.

À l'inverse, il a fait pencher la balance pour continuer de permettre aux entreprises et aux syndicats de dépenser des fonds illimités afin de soutenir des candidats politiques, ainsi que pour protéger le deuxième amendement, qui permet la possession d’une arme – une idée chère au coeur des Américains les plus conservateurs.

Sa démission fera probablement du juge en chef John G. Roberts Jr. le juge central de la Cour suprême. Le magistrat de 63 ans s'est cependant montré bien plus à droite que Kennedy, qui tire sa révérence à l'âge de 81 ans.

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