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Le lobby mondial des compagnies aériennes ne veut plus des sanctions canadiennes contre l'Iran

Radio-Canada a appris que la puissante Association internationale du transport aérien (IATA), dont le siège est à Montréal, a demandé à Ottawa de l'exempter des sanctions canadiennes contre l'Iran, car elles l'empêchent de jouer son rôle dans le monde.

Un article de Bahador Zabihiyan

L'Association internationale du transport aérien (IATA) est une des plus importantes organisations internationales installées à Montréal. Elle représente plus de 250 compagnies aériennes et possède un pouvoir de réglementation.

L'IATA possède aussi un système financier distinct qui permet aux grandes compagnies aériennes et aux voyagistes de vendre des billets et de s'assurer que les passagers puissent se rendre d'un lieu à l'autre en effectuant des correspondances. En 2014, plus de 523 milliards de dollars américains ont transité entre les compagnies aériennes grâce à ce système. Les sanctions canadiennes mises en place en 2012 interdisent les échanges financiers avec la République islamique d'Iran, ce qui complique la tâche de l'IATA dans le monde.

Radio-Canada a appris que l'Association internationale a demandé au ministère des Affaires étrangères de bénéficier d'une exemption des sanctions canadiennes pour pouvoir remplir son rôle.

Étant donné que son siège social est à Montréal, l'IATA doit se plier aux lois canadiennes partout dans le monde. Ainsi, I'organisation ne peut offrir ses services aux compagnies iraniennes et aux compagnies étrangères qui souhaitent faire affaire avec l'Iran. Ces compagnies aériennes, basées dans les pays qui n'imposent pas de sanctions à l'Iran, ne peuvent recevoir les services offerts par l'IATA si elles font affaire avec la République islamique, car l'IATA est sujette aux sanctions canadiennes.

L'IATA n'a pas souhaité émettre de commentaire. Selon nos informations, Ottawa n'a pas encore répondu à sa demande.

Levée progressive des sanctions internationales

À la suite de l'accord entre l'Iran et les grandes puissances, Téhéran s'est engagé à accepter l'encadrement de ses installations nucléaires civiles en échange d'une levée progressive des sanctions internationales. Celles-ci doivent être levées progressivement à partir de 2016. Le gouvernement Trudeau a déjà indiqué qu'il souhaitait adopter une politique plus ouverte par rapport à l'Iran, mais aucun détail n'a été donné quant à la levée des sanctions canadiennes.

Cette incertitude dérange au plus haut point l'IATA. Fin octobre, le président de l'organisation déclarait en marge d'une réunion internationale que les sanctions canadiennes étaient très contraignantes. « Nous sommes très contraints dans ce que nous pouvons faire à cause des sanctions canadiennes », avait-il lancé, rapporte GulfNews.com. L'IATA ne prévoit pas de déménager son siège social, selon ce qu'a appris Radio-Canada.

L'Iran, marché prometteur pour l'aviation civile

Pour l'IATA, l'Iran est un marché stratégique. Avec la levée progressive des sanctions internationales, le nombre de passagers devrait être multiplié par quatre. L'Association internationale veut aussi collaborer étroitement avec l'aviation civile iranienne, qui a besoin de mettre à jour ses infrastructures.

La fin des sanctions internationales doit aussi permettre à l'Iran d'acheter les quelque 400 avions de ligne dont le pays a besoin, notamment pour renouveler sa flotte vieillissante.

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