(RIO DE JANEIRO ) L'un des hommes les plus forts des États-Unis ne mange ni viande ni œufs. Rencontre avec le végétalien de 94 kg (207 lb) Kendrick Farris, seul haltérophile américain à s'être qualifié aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro.

Il y a deux ans, à la naissance de son fils, Farris a pris la décision de revoir son alimentation. Le natif de la Louisiane, qui a grandi en mangeant une cuisine créole riche en viande et en fruits de mer, a du jour au lendemain cessé de manger des produits animaux et laitiers.

« Je n'étais pas vraiment d'accord avec la façon dont l'industrie agroalimentaire fonctionnait, et j'ai fait pas mal de lecture sur le sujet », raconte l'athlète de 30 ans, rencontré mercredi après une séance d'entraînement.

Pour Kendrick Farris, son changement d'alimentation a été doublé d'une conversion religieuse. L'haltérophile, qui a grandi dans une famille baptiste noire, est devenu juif messianique. Le végétalisme est pour lui une sorte de « retour aux racines ».

« Selon mes croyances, nous avons le pouvoir sur les animaux, mais ça ne veut pas dire qu'ils devraient être massacrés en masse ou qu'ils doivent être mangés tous les jours », estime-t-il.

« Je mange quand j'ai faim »

Contrairement à d'autres athlètes végétaliens, Farris n'a pas recours à un nutritionniste et ne s'inquiète pas outre mesure de potentielles carences en protéines. « J'ai grandi dans un quartier défavorisé où il n'y avait pas de nutritionniste, et je sautais des repas. Aujourd'hui, je mange quand j'ai faim », explique-t-il.

Chez lui, sa femme Katrina lui cuisine des plats qu'il aime: des flocons d'avoine et des crêpes le matin, des enchiladas au guacamole, de la lasagne avec du fromage à base de plantes, des quesadillas aux haricots noirs...

Sur le site olympique, il mange ce qu'il peut: « Des légumes, de la salade, des pâtes, des choses simples », dit-il.

Mais le plus important pour lui est de rester hydraté, ajoute celui qui a fait ses débuts en haltérophilie au tournoi Louis-Cyr de Saint-Hyacinthe en 2002.

Comment se sent-il depuis? « En pleine forme physiquement, et aussi plus en santé qu'avant. Je récupère plus rapidement de mes blessures qu'avant », souligne-t-il.

Et les résultats ont suivi. En juin, il a remporté les Championnats panaméricains dans sa catégorie en soulevant un poids de 364 kg (800 lb). Cela lui a permis de devenir le seul haltérophile américain à se qualifier pour les Jeux olympiques.

Samedi, au cours de son épreuve, il espère se surpasser. « Avec un peu de chance, je vais me sentir aussi bien samedi qu'aujourd'hui », lance-t-il.

Cet article a été publié le 11 août 2016.

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