Retour

Le marais de Donald Trump, loin d’être asséché

Donald Trump promettait de nettoyer Washington qu'il qualifiait de sale marais durant sa campagne présidentielle. Un écosystème, selon lui, où des créatures voraces comme les lobbyistes dépensent des millions de dollars pour influencer le jeu politique.

"Drain the Swamp", le cri de ralliement le plus populaire du milliardaire en campagne soulevait les foules durant les rassemblements. Ses partisans voyaient en Trump celui qui pouvait mettre au pas les intérêts particuliers.

Mais le nouveau président n’a pas encore réussi à assécher le marais comme promis. Bien au contraire, le lobbying ne s’est jamais aussi bien porté dans la capitale américaine.

Non seulement l’argent dépensé à Washington par les entreprises et les groupes de pression atteint un sommet depuis 7 ans, mais le nombre de lobbyistes foisonne depuis 2016.

Selon OpenSecrets.org, une organisation qui surveille les activités des groupes d’intérêt, il s’est dépensé 3,34 milliards de dollars en lobbying en 2017.

De plus, 11 444 lobbyistes qui travaillent pour de grandes firmes sur K Street à Washington, continuent de faire pression sur les politiciens du Congrès.

La Chambre de commerce des États-Unis a dépensé 82 millions en frais de représentation; l’Association américaine des courtiers immobiliers 54 millions; les manufacturiers pharmaceutiques 25 millions; la Croix bleue 24 millions et Google 18 millions, pour ne nommer que ceux-là.

Au lieu de s'assécher, le marais s'étend depuis l'arrivée à la Maison-Blanche de Donald Trump et, dans certains cas, avec l’aide de ses propres troupes.

Le New York Times rapporte que l’ancien directeur de campagne de Trump, Corey Lewandowski, a lancé sa propre firme de lobbying et aurait déjà accepté d’importantes sommes de groupes tentant d’influencer le président.

Jim Murphy, un autre proche de Donald Trump, a joint BakerHostetler un géant du lobbying à Washington, et Bill Smith, l’ex-chef de cabinet du vice-président Mike Pence, a aussi été embauché sur K Street. En tout, une vingtaine de proches du président se sont joints à cette industrie qu’il souhaitait détruire.

Les lobbyistes du marais travaillent aussi à l’intérieur de la Maison-Blanche. Selon le Washington Post, plus d’une quinzaine d’ex-lobbyistes ont maintenant un poste dans l’administration présidentielle.

Le grand coup de balai que souhaitait donner Donald Trump n’a pas eu lieu. Et plusieurs croient qu’avant de faire le ménage à Washington, il devrait prêcher par l’exemple.

Donald Trump est lui-même un lobbyiste aguerri. Il a passé sa vie professionnelle à convaincre les politiciens aux États-Unis et dans le monde entier des bienfaits de ses projets immobiliers.

Le président, ses entreprises et ses hôtels sont également au centre de conflit d’intérêts. Du jamais vu pour un chef de la Maison-Blanche. Des gouvernements étrangers, des agences fédérales, des groupes de pression réservent, au prix fort, des chambres au Trump Hotel à Washington et à son club privé à Mar-a-Lago en Floride.

Donald Trump dit avoir cédé la gestion de ses entreprises à ses fils, mais ceux-ci ont admis lui faire rapport des activités de l’empire plusieurs fois par année. Le président a donc théoriquement toujours un droit de regard sur ses entreprises. Sans compter qu’il n’a toujours pas rendu publiques ses déclarations de revenus.

Assécher le marais ne semble donc plus une priorité pour le président. Les intérêts particuliers n’ont jamais été aussi bien représentés à Washington. Un écosystème qui ne semble pas menacé à long terme, surtout par un président qui semble y trouver son compte.

Plus d'articles

Vidéo du jour


10 faits que vous ignoriez sur les rêves





Rabais de la semaine