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Le Mexique lance la procédure d'extradition d'« El Chapo »

La procédure d'extradition vers les États-Unis du trafiquant de drogue mexicain Joaquin « El Chapo » Guzman devrait prendre au moins un an, selon le bureau du procureur de Mexico, mais elle pourrait s'étirer sur quatre à six ans.

En utilisant tous les recours juridiques à sa disposition, le baron de la drogue mexicain pourrait ainsi faire traîner son extradition, selon le directeur des relations internationales des services du procureur, José Manuel Merino Madrid, fondant son évaluation sur l'analyse de cas antérieurs similaires à celui de Joaquin Guzman.

« Dans l'hypothèse où le ministère des Affaires étrangères considérerait qu'il y a suffisamment d'éléments pour donner son feu vert à l'extradition, il pourrait encore déposer un recours » devant la justice, a indiqué M. Merino Madrid.

Le Mexique a formellement entamé la procédure d'extradition vers les États-Unis du baron de la drogue Joaquin « El Chapo » Guzman, dimanche. Les États-Unis veulent juger le chef du cartel de Sinaloa, arrêté vendredi après une évasion spectaculaire en juillet et plusieurs mois de cavale, pour avoir fait entrer en contrebande plusieurs milliards de dollars de drogue sur le sol américain et pour être le commanditaire de plusieurs milliers d'assassinats au Mexique.

Des représentants d'Interpol ont délivré « deux mandats d'arrêt en prévision d'une extradition » à la prison d'Altiplano, au Mexique.

Des responsables mexicains ont indiqué que le gouvernement souhaitait qu'« El Chapo » soit extradé le plus rapidement possible de peur que sa fortune lui permette de corrompre des responsables pénitentiaires locaux afin de s'évader une nouvelle fois.

Un sénateur de l'État de Sinaloa, membre de l'opposition, a d'ailleurs révélé que Joaquin Guzman avait failli échapper aux forces d'élite venues l'arrêter vendredi. Selon Francisco Salvador Lopez Brito, le narcotrafiquant avait réussi à fuir la maison dans laquelle il était encerclé grâce à un tunnel relié au système d'égouts de la ville, un procédé qu'il avait utilisé pour s'évader de la prison de haute sécurité où il était détenu. Il n'a été arrêté que plusieurs heures plus tard en tentant de quitter la petite ville de Los Mochis en voiture.

« On peut dire qu'il a été capturé grâce à un coup de chance... Il était en train de prendre le large », a dit le sénateur.

De leur côté, les avocats du trafiquant ont l'intention de s'opposer à l'extradition de leur client. Ces derniers se sont engagés à mener un combat juridique « dur » envisageant même un renvoi jusqu'en Cour suprême. Les avocats soulignent que leur client risque la peine de mort s'il est extradé vers les États-Unis.

Joaquin Guzman avait humilié le président Pena Nieto lors de son évasion du 11 juillet dernier. Le président mexicain était en visite en France lorsque le trafiquant s'était évadé de prison puisqu'il avait insisté pour qu'il soit incarcéré au Mexique.

Certains analystes estiment que le gouvernement mexicain ne peut se permettre de risquer d'échapper le trafiquant une nouvelle fois. Une nouvelle évasion, selon eux, aurait des conséquences politiques potentiellement désastreuses.

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