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Le missile qui a abattu le vol MH17 en Ukraine provenait d'une brigade russe, conclut l'enquête

Le missile qui a abattu le vol MH17 de la Malaysia Airlines au-dessus de l'Ukraine en 2014 et causé la mort de 298 personnes provenait d'une unité militaire russe, a affirmé jeudi une équipe internationale d'enquête lors d'une conférence de presse aux Pays-Bas.

Le Bureau de la sécurité des transports des Pays-Bas avait conclu dès octobre 2015 que l'avion de la Malaysia Airlines avait été abattu par un missile sol-air Bouk ayant frappé le côté gauche de la cabine de pilotage.

Un an plus tard, les enquêteurs internationaux ont conclu que ce missile avait été acheminé de Russie et avait été tiré depuis le village de Pervomaïsk, un territoire alors contrôlé par des rebelles prorusses. Le système utilisé pour lancer le missile sol-air a été ramené en Russie après le tir, avaient-ils précisé.

Les affirmations faites jeudi sur la base de photos et de vidéos obtenues par les enquêteurs vont donc plus loin en identifiant clairement la 53e brigade antiaérienne russe comme étant celle qui a transporté en Ukraine le missile et son système de lancement.

Le chef des enquêteurs, le procureur Fred Westerbeke, reconnaît cependant que les enquêteurs n'ont pas encore déterminé quelle était l'implication exacte des membres de la brigade dans le tir du missile.

Il invite donc des témoins, dont des membres du public, à aider les enquêteurs internationaux à identifier ceux qui faisaient fonctionner le système ayant permis de lancer le missile. Il demande notamment des renseignements permettant d'identifier quels étaient leurs ordres et qui était responsable de la brigade.

Prochain objectif : identifier des coupables

L'enquête internationale, qui entre dans sa « phase finale », selon le procureur Westerbeke, se concentre dorénavant sur les quelque 100 personnes soupçonnées d'avoir joué « un rôle actif » dans cette affaire.

Aucun nom n'a encore été cité, mais deux individus connus sous les noms de code Orion et Delfin ont été identifiés comme les principaux suspects sur la base de conversations enregistrées avant et après le tir.

Le Boeing 777 de la Malaysia Airlines a été abattu le 17 juillet 2014 au-dessus de la région de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, alors qu'il se dirigeait vers Kuala Lumpur. Il transportait 15 membres d'équipage et 283 passagers, dont 189 Néerlandais, 43 Malaisiens et 28 Australiens. Un Canadien était aussi à bord.

Les autorités néerlandaises ont déjà annoncé que le procès de tout suspect arrêté dans le cadre de cette affaire aurait lieu aux Pays-Bas en vertu d'un accord conclu entre les pays participant à l'enquête (Ukraine, Pays-Bas, Malaisie, Belgique, Australie).

Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a annoncé qu'il abrégeait son séjour en Inde pour assister à une réunion de son cabinet concernant les conclusions de l'enquête.

Moscou dénonce des « accusations gratuites »

Les enquêteurs de l'équipe internationale disent avoir présenté leurs plus récentes conclusions à Moscou, sans obtenir de réponses aux questions qui leur ont été posées par la même occasion.

La Russie a toujours nié toute implication dans cette tragédie et les premiers commentaires en provenance de Moscou au sujet des nouvelles révélations de l'enquête sont allés dans le même sens.

« Il est évident qu'il s'agit d'accusations gratuites visant à discréditer notre pays devant la communauté internationale », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Nous regrettons » ces conclusions faites sur la base de preuves « falsifiées », ajoute-t-il. « Tout cela ne fait que confirmer nos préoccupations concernant la partialité [...] de l'enquête en cours ».

« Aucun missile antiaérien de l'armée russe n'a jamais franchi la frontière russo-ukrainienne », a pour sa part assuré le ministère russe de la Défense dans un communiqué cité par les agences russes.

Les autorités russes ont fourni « des preuves exhaustives » de « l'implication d'unités ukrainiennes ayant utilisé les missiles Bouk pour détruire le vol », a-t-il poursuivi.

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