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Le Myanmar accusé de crimes contre l’humanité

Au moins 60 Rohingyas, qui tentaient de rejoindre le demi-million de réfugiés au Bangladesh, seraient disparus ou morts en mer en tentant de fuir les violences dont ils sont victimes au Myanmar, a annoncé l'Organisation des Nations unies (ONU) vendredi, au moment même où 88 organisations non gouvernementales (ONG) ont élevé leur voix pour accuser le pays de crimes contre l'humanité.

« Ma femme et mes deux fils ont survécu. Mais j’ai perdu mes trois filles », a expliqué un homme à l’Agence France-Presse.

Au fur et à mesure, les corps des naufragés sont rassemblés dans une école près de la mer pour être identifiés par leurs proches.

Pour l’instant, 23 cadavres ont été rapatriés sur la terre ferme et 40 autres sont présumément morts noyés. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), il y avait 50 enfants à bord de l’embarcation, qui était partie mercredi soir d'un village côtier de l'État Rakhine, région épicentre des violences au Myanmar.

Elle a coulé tout près de la terre ferme, en proie aux pluies de mousson torrentielles.

Encore aujourd’hui, de nombreux Rohingyas, une minorité musulmane d'un million de personnes installée au Myanmar, continuent de fuir le pays vers le Bangladesh.

Pourtant, le Myanmar assure que les violences ont cessé dans la région.

Pressions mondiales

Vendredi, Human Rights Watch (HRW), une des 88 ONG réprimandant le Myanmar, a publié un communiqué dénonçant les violences commises par l'armée envers les Rohingyas.

Les ONG demandent aux Nations unies d’adopter une résolution sur la question et réclament que le Conseil de sécurité étudie sérieusement l’imposition d’un embargo sur les armes des militaires.

Dans les camps de réfugiés, la situation s’envenime. La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge a fait état de risques sanitaires importants et d’épidémies, avec déjà des milliers de cas de diarrhées aiguës liées à des conditions d'hygiène désastreuses.

Selon l’organisation, il faudrait 3,6 millions de litres d’eau par jour pour subvenir aux besoins de ces 480 000 réfugiés.

Depuis la fin d'août, les incendies de villages et les meurtres de civils se multiplient au Myanmar. L’armée et les Rohingyas s’accusent mutuellement.

Jeudi, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a demandé au gouvernement d’avoir un « accès humanitaire » dans la zone de conflit. Jusqu’à présent, le Myanmar n’a pas répondu aux demandes de l’organisation qui se font nombreuses.

Les Nations unies prolongeront de six mois leur enquête sur les violations des droits et autres abus commis dans le pays.

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