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Le pape accepte la démission de trois évêques chiliens, dont son ex-protégé Juan Barros

Le pape François a accepté la démission de trois des 34 évêques chiliens qui la lui avaient présentée le mois dernier, incluant l'influent Juan Barros, a annoncé lundi le Vatican.

Outre Barros, les deux autres évêques concernés sont Cristián Caro Cordero, évêque de Puerto Montt, et Gonzalo Duarte García de Cortázar, évêque de Valparaiso, qui ont tous deux 75 ans, ce qui, de toute manière, constitue pour eux l’âge de la retraite.

Pour l’instant, les trois hommes sont remplacés par des « administrateurs apostoliques ».

Le 18 mai, la totalité des évêques chiliens avaient démissionné en bloc, dans la foulée des scandales de pédophilie qui ont éclaboussé l'Église catholique romaine dans leur pays. Ceux-ci ont impliqué environ 80 membres du clergé, ces dernières années.

Auparavant, le souverain pontife avait reproché aux évêques d'avoir détruit des preuves, d’avoir incité leurs avocats à minimiser les crimes commis et d’avoir « gravement négligé » leur responsabilité de protéger les enfants. François était d’avis que la hiérarchie de l'Église chilienne était collectivement responsable de « graves erreurs ».

Juan Carlos Cruz accusait l’évêque Juan Barros d'avoir été témoin d'agressions sexuelles qu'il subissait aux mains du prêtre Fernando Karadima.

Ce dernier a été reconnu coupable en 2011 par un tribunal du Vatican d’avoir agressé sexuellement des enfants dans les années 1980 et 90.

Octogénaire, il a dû prendre sa retraite pour mener une « vie de pénitence ».

M. Cruz et deux autres victimes du père Karadima avaient été reçus par le pape au début mai.

Les trois hommes avaient dénoncé auprès des médias le silence d'une partie de la haute direction de l'Église au Chili.

Les « graves erreurs » de François

L'annonce de l'éviction de Juan Barros, 61 ans, représente un revirement spectaculaire pour le pape, qui l’avait lui-même nommé dans le diocèse d'Osorno en 2015 et qui l’avait longtemps défendu.

Notamment, après avoir été apostrophé par des journalistes au Chili, François avait sèchement affirmé : « Le jour où vous m'apportez une preuve contre l'évêque Barros, je vous parlerai. Il n'y a pas une seule preuve contre lui. Tout n’est que calomnie. » Il avait même traité les détracteurs de Barros d'« imbéciles ».

Il s’était excusé plus tard pour ces propos, réitérant tout de même qu’il demeurait « convaincu » de l'innocence de Barros.

Le pape avait finalement ordonné une enquête complète. Les conclusions rendues en avril, qui s’étalaient sur 2300 pages, étaient fondées sur 64 témoignages recueillis au Chili et aux États-Unis. Des dirigeants de l'Église chilienne auraient détruit des preuves d'abus sexuels et certains membres du clergé qui ont commis des agressions auraient été transférés d’un diocèse à l’autre.

Le souverain pontife, qui avait alors reconnu avoir commis de « graves erreurs » d'appréciation, a ensuite remis aux 34 membres de la conférence épiscopale chilienne une lettre cinglante évoquant « le douloureux et honteux constat d'abus sexuels sur des mineurs, d'abus de pouvoir et de conscience d'une partie du clergé de l'Église ».

Trois jours plus tard, les 34 évêques présentaient leur démission.

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