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Le pape au Caire pour renouer le dialogue avec l'islam

Le pape François a exhorté vendredi les dirigeants de toutes les religions à renoncer à l'extrémisme religieux et à lutter contre la « barbarie de ceux qui attisent la haine et la violence », allusion aux djihadistes du groupe armé État islamique (EI).

Le souverain pontife a lancé cet appel au Caire où il est arrivé pour une visite de 27 heures avec l'ambition de renouer le dialogue entre catholiques et musulmans tout en adressant un message de soutien aux chrétiens du Proche-Orient victimes d'attaques meurtrières répétées de l'EI.

« Disons une fois de plus un non clair à toute forme de violence, vengeance et haine exercées au nom de la religion ou au nom de Dieu », a déclaré le chef de l'Église catholique lors d'une conférence à Al-Azhar, la plus haute autorité de l'islam en Égypte.

La visite du pape en .Égypte intervient dans un contexte tendu, trois semaines après des attentats revendiqués par l'EI contre des églises coptes à Alexandrie et Tanta qui ont fait 45 morts le dimanche des Rameaux.

L'EI a aussi revendiqué un attentat contre la cathédrale copte orthodoxe du Caire en décembre, qui a fait 28 morts. Ces attentats ont poussé la quasi-totalité des chrétiens du Nord-Sinaï à fuir la péninsule.

Malgré les risques, le pape François a insisté, comme il le fait d'habitude lors de ses déplacements à l'étranger, pour ne circuler que dans une voiture ordinaire et non un véhicule blindé pendant les 27 heures qu'il passera au Caire.

Il devait prononcer trois discours vendredi et célébrer une messe en plein air dans un stade samedi.

Les autorités égyptiennes ont renforcé les patrouilles militaires dans la ville et sécurisé les rues autour de l'ambassade du Vatican et d'autres sites de la capitale en interdisant le stationnement des voitures et en bloquant lepassage des piétons.

« L'islam n'est pas la religion du terrorisme »

Son premier entretien a été avec le président Abdel Fattah Al-Sissi. Il devait être reçu en outre par le patriarche Théodore II d'Alexandrie, chef de l'Église copte orthodoxe.

Et il a donc vu vendredi le cheikh Ahmed Al-Tayeb, grand imam de la mosquée d'Al-Azhar, le premier centre d'enseignement théologique sunnite.

François, qui dénonce régulièrement les violences commises au nom de Dieu, est néanmoins convaincu que le dialogue entre catholiques et musulmans est plus nécessaire que jamais et, dans ce contexte, le cheikh Al-Tayeb, qui s'est toujours montré très critique envers l'EI, apparaît comme un allié précieux.

Dans son intervention, ce dernier a déclaré que « l'islam n'est pas la religion du terrorisme » et a fustigé ceux qui « par ignorance » détournent les textes religieux.

L'imam d'Al-Azhar avait coupé les ponts avec le Saint-Siège en 2011 en raison de ce qu'il considérait comme des insultes répétées contre l'islam de la part de Benoît XVI, le prédécesseur de François.

Le dialogue a été formellement rétabli l'an dernier lorsque le cheikh Al-Tayeb, considéré comme le dignitaire musulman égyptien le plus modéré, s'est rendu au Vatican, même si le grand imam reste accusé dans son pays de ne pas lutter assez activement contre l'extrémisme religieux au sein d'Al-Azhar.

Le pape se rendra également dans la cathédrale Saint-Marc du Caire pour une prière à la mémoire des fidèles tués lors de l'attentat de décembre.

Sa rencontre avec le président Sissi a inquiété, elle, les militants des droits de l'homme. Aucune information n'a été donnée sur le contenu de l'entretien entre les deux hommes.

Le président Sissi se présente, depuis l'éviction des Frères musulmans du pouvoir en juillet 2013, comme le rempart face au terrorisme, justifiant ainsi la répression menée contre toute forme d'opposition.

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