Dix-sept nouveaux cardinaux ont été confirmés lors d'un consistoire à la basilique Saint-Pierre de Rome, samedi.

Le pape argentin les a choisis à son image, avec le souci de rendre le collège cardinalice moins européen.

Le souverain pontife souhaite ainsi refléter « l’universalité de l’Église », représenter la présence majoritaire de croyants dans l’hémisphère sud, mais aussi les pays où les catholiques sont en minorité.

Les nouveaux cardinaux proviennent entre autres du Lesotho, de la Papouasie–Nouvelle-Guinée, du Mexique, de l’île Maurice, du Bangladesh, de Malaisie et du Brésil.

« Aimez, faites du bien, bénissez et priez », a imploré le chef du Saint-Siège, qui a profité de son homélie pour dénoncer « le virus de la polarisation et de l’exclusion ».

Nous provenons de pays lointains, nous avons des coutumes, des couleurs de peau, des langues et des conditions sociales différentes; nous pensons de manières différentes et nous célébrons aussi la foi par des rites différents. Et rien de tout cela ne nous rend ennemis!

Le pape François

Lors de la cérémonie, le pape François a appelé à la tolérance et s’est inquiété de « l’épidémie d’inimitié et de violence » dans le monde.

« Nous voyons comment rapidement celui qui est à côté de nous, non seulement possède le statut d’inconnu ou d’immigré ou de réfugié, mais encore devient une menace, acquiert le statut d’ennemi », a-t-il déploré.

Des cardinaux de la « périphérie »

Plusieurs des nouveaux cardinaux sont considérés comme progressistes, engagés pour la paix et la justice sociale.

Mgr Dieudonné Nzapalainga est parmi ceux-ci. Nommé à la tête du diocèse de Bangui par Benoît XVI en 2009, il devient le premier cardinal de l’histoire de Centrafrique. Issu d'un milieu défavorisé, Nzapalainga est près des communautés et actifs sur le terrain pour diminuer les tensions interreligieuses qui secouent son pays. À 49 ans, il de loin le cadet du Sacré Collège.

Ernest Simoni est un autre exemple. Le témoignage de ce prêtre albanais avait grandement ému le pape François, lors de son passage à Tirana en 2014. Le curé franciscain de 88 ans a été persécuté et condamné à mort à deux reprises pendant la dictature communiste d’Enver Hoxha. Il a finalement purgé 18 ans de travaux forcés, en prison et dans des mines. Don Ernest Simoni est le seul élu à ne pas avoir le titre d’évêque ou d’archevêque.

Mgr Mario Zenari prêche à Damas depuis huit ans et tient fermement à y rester. Ce diplomate du Vatican est celui qui informe le Saint-Siège sur la situation en Syrie, pays « martyr », que le pape ne cesse de citer dans ses discours des derniers mois. Mgr Zenari a joué un rôle de médiateur dans plusieurs pays en conflit, notamment en Côte d’Ivoire et au Sri Lanka.

L’Américain Kevin Farrell est le seul représentant de la Curie romaine. L’évêque de Dallas a été choisi en août dernier pour diriger le nouveau dicastère de la laïcité, de la famille et de la vie en raison de son ouverture et sa capacité démontrée à travailler avec des laïcs.

Deux autres Américains font partie des choix de François. Les archevêques Blase Cupich de Chicago et Joseph Tobin d’Indianapolis défendent la place des femmes dans l’Église ainsi que l'immigration.

Treize des nouveaux cardinaux sont âgés de moins de 80 ans, ce qui leur donne le droit de siéger au conclave, donc le droit de vote pour l’élection du pape. Les quatre autres ont un statut honorifique.

Avec ces nouvelles nominations, le conclave est désormais composé de 45 % d’électeurs d’Europe,14 % d’Amérique du Nord, 12 % d’Afrique, 12 % d’Asie, 11 % d’Amérique du Sud, 3 % d’Amérique centrale, et 3 % d’Océanie. En 2013 lors de l’élection du pape François, les Européens représentaient 52 % du conclave.

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