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Le pari du luxe et de l’extravagance pour relancer le jeu à Macao

Le milliardaire Steve Wynn fait un pari risqué en ouvrant un luxueux casino à Macao, le Wynn Palace, au moment où la capitale asiatique du jeu est en plein déclin, entre autres en raison de la lutte contre la corruption en Chine.

Yavn Côté

  Un texte d'Yvan Côté

À 19 h 28, des centaines de jets d'eau se mettent à virevolter dans tous les sens devant le tout nouveau complexe de l'île Cotai, à Macao. Un spectacle réglé au quart de tour, qui a pour but de charmer les flambeurs et les gens riches de la planète.

Au menu des attractions du Wynn Palace, un lac artificiel de trois hectares et une gondole qui ceinture le complexe. Les visiteurs ont aussi droit à du clinquant lorsqu'ils entrent dans le palais.

Une grande roue ornée de plus de 100 000 fleurs les accueille dans le hall d'entrée. Plusieurs œuvres d'art meublent l'édifice, dont la sculpture Tulipe de Jeff Koons, évaluée à 35 millions de dollars.

Le Wynn Palace ouvre finalement ses portes après six ans de travaux, de retards et de problèmes administratifs. Le palais de 4 milliards de dollars américains se targue d'être le plus somptueux casino de Macao et l'un des plus princiers de la planète.

Il compte 1700 chambres et des centaines de tables de jeu. Il tente de se démarquer de ses compétiteurs en offrant d'extravagants services, comme un massage facial fait avec des diamants broyés et des feuilles d'or.

Macao tourne au ralenti

Alors que l'ambiance est à la fête et que les roulettes tournent à plein régime, les sourires des investisseurs cachent une réalité bien différente du faste entourant l'ouverture du Wynn Palace.

Les revenus dans ce paradis de la démesure ont chuté de 50 % depuis le sommet de 2013. Macao vit en fait sa période la plus noire en 15 ans. « La transformation vient en partie du ralentissement économique en Chine », explique Ricardo Siu, un professeur de finances à l'Université de Macao.

La clientèle de marque était, entre autres, composée de fonctionnaires véreux et de gens d'affaires proches du Parti communiste, explique le professeur. Mais désormais, cette clientèle ne peut plus brûler impunément des dizaines de milliers de dollars chaque soir sans s'attirer les critiques de citoyens chinois.

Les établissements ont donc été forcés de se réinventer.

Résultat : les autobus se succèdent dorénavant à l'extérieur des hôtels pour transporter les familles de la classe moyenne vers les casinos.

Des vacances à Macao avec les enfants?

Stephen, qui n'a pas voulu nous donner son véritable nom, est ici avec sa femme, ses deux enfants et ses parents. Il représente le nouveau visage de la clientèle de Macao. Il prévoit dépenser 1000 $ en trois jours. Une somme astronomique pour lui, mais qui n'équivaut même pas à une mise faite autrefois par les gros joueurs.

L'agence de notation financière Standard & Poor's a estimé, il y a quelques mois, que les perspectives à court terme seraient « maussades » pour les casinos, mais que la situation pourrait s'améliorer si les établissements élargissaient leur clientèle à la classe moyenne et aux touristes qui ne s'intéressent pas au jeu.

Il s'agit d'une bonne lecture de la situation, croit le professeur Siu, qui estime que le Wynn Palace sera profitable. « Il faudra seulement plus de temps à ses propriétaires pour rembourser leurs dettes », ajoute-t-il.

Macao est devenue la capitale du jeu en dépassant Las Vegas en 2002. Aujourd'hui, l'archipel s'inspire de la ville américaine, qui a effectué il y a quelques années un virage vers le divertissement.

Quant aux gros joueurs de la Chine, ils sont dorénavant courtisés par d'autres pays asiatiques comme le Vietnam, où ils passent plus souvent inaperçus.

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