Retour

Le Parlement britannique consent au déclenchement d'élections anticipées

C'est confirmé, les Britanniques se rendront aux urnes le 8 juin prochain. Le Parlement britannique a appuyé le projet de tenir des élections législatives anticipées proposé par la première ministre conservatrice Theresa May.

Les députés ont voté en faveur de la proposition de la première ministre dans une proportion de 522 voix contre 13 après quelque 90 minutes de débats.

Plusieurs députés se sont abstenus alors qu’une majorité des deux tiers était nécessaire pour tenir des élections anticipées.

Les Britanniques se rendront ainsi aux urnes pour la troisième fois en deux ans après l’élection générale de mai 2015 et le référendum de juin 2016.

Mme May souhaite ainsi doter son gouvernement d’un mandat fort pour négocier la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE). Elle estime que l’élection donnera plus de « stabilité et de certitude » au pays pour mener à terme ce processus qui devrait durer deux ans.

Bien qu'elle ait refusé pendant des mois de tenir des élections anticipées, Mme May avance maintenant ne plus avoir le choix en raison des risques de blocage de l’opposition dans la négociation du Brexit.

Des élections anticipées « vont permettre d'avoir une meilleure main dans les négociations » avec l'UE, a-t-elle poursuivi mercredi au réseau BBC.

Theresa May souhaite également obtenir la légitimité des urnes, elle qui a été élue au poste de première ministre. Elle y avait accédé à la suite de la démission de son prédécesseur, David Cameron, dans la foulée de la victoire du Brexit au référendum de juin dernier.

Le Parti travailliste et les libéraux-démocrates ont accueilli favorablement l’occasion d’affronter les troupes de Mme May au cours d’un scrutin général, mais le Parti national écossais a qualifié l’exercice de « complot cynique ».

Le pari électoral de Theresa May

Les derniers sondages donnent le parti conservateur de Mme May vainqueur par plus 20 points de pourcentage et une récolte de 100 députés de plus que la majorité simple (325 députés) à la Chambre des communes qui compte 650 sièges.

« Nous allons nous battre pour chaque voix, a déclaré Mme May. Chaque vote pour les conservateurs rendra la tâche plus difficile à ceux qui veulent m'empêcher de faire le boulot. » Devant le parlement, la première ministre a demandé à la population d'accorder « un mandat pour mener à bien le Brexit et en faire un succès ».

Plusieurs députés travaillistes, comme l’ancien ministre des Finances George Osborne, ont déjà indiqué qu’ils ne solliciteraient pas de nouveau mandat.

Le pari électoral de Mme May pourrait s’avérer risqué en Écosse où le Parti national écossais (SNP), au pouvoir en Écosse, est favorable à l’UE. Le parti compte utiliser les élections anticipées pour légitimer la tenue d’un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Écosse.

« Si le SNP l'emporte dans les circonscriptions écossaises, la tentative de Theresa May de bloquer » le référendum se « réduira en poussière », a déclaré la première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, devant le Parlement de Westminster.

Autre écueil possible pour la première ministre, la lassitude des électeurs écossais. Ces derniers en seront à une quatrième élection en quatre ans. Le référendum sur l’indépendance de l’Écosse s’est en effet ajouté aux trois autres scrutins du reste des Britanniques.

L'Europe attend le résultat du scrutin

La Commission européenne avance que les élections britanniques ne modifieront en rien le calendrier de négociations. « Les négociations devaient commencer au mois de juin de toute façon », a indiqué son porte-parole en chef, Margaritis Schinas.

« La bonne nouvelle du côté européen, c'est que du coup elle sera moins fragile pour encaisser toutes les concessions qu'elle devra faire », a pour sa part commenté un diplomate européen.

Plus d'articles

Commentaires