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Le patron de Samsung arrêté dans une affaire de trafic d'influence

Jay Y. Lee, numéro un du conglomérat sud-coréen Samsung Group, a été arrêté vendredi pour son implication dans l'affaire de trafic d'influence à l'origine de la suspension de la présidente Park Geun-hye.

Les juges du tribunal de Séoul devant lequel il a comparu ont en revanche refusé de lancer un mandat d'arrêt à l'encontre de Park Sang-jin, président de Samsung Electronics.

Jay Y. Lee, 48 ans, a été incarcéré au Centre de détention de Séoul où il attendait la décision de la justice à l'issue d'une audience à huis clos qui s'est achevée jeudi soir.

Il a été placé dans une cellule individuelle dotée d'une télévision et d'un bureau, a précisé un responsable pénitentiaire.

Les procureurs ont désormais dix jours pour inculper Lee, bien qu'une demande de prolongation soit possible. S'il est mis en examen, un tribunal devra rendre une décision dans les trois mois.

Aucune décision n'a été prise quant à un appel ou une demande de libération sous caution, a annoncé vendredi une porte-parole de Samsung Group.

Le mois dernier, le même tribunal avait rejeté une première demande de mandat d'arrêt déposée par le procureur spécial chargé du dossier, mais les chefs d'accusation ont été élargis mardi par les procureurs.

Lee est soupçonné d'avoir promis 43 milliards de wons (49 millions de dollars canadiens) à une entreprise et des fondations créées par Choi Soon-sil, amie et confidente de Park Geun-hye, en échange de l'appui de la caisse publique des retraites à un projet de fusion de deux filiales de Samsung en 2015.

Samsung nie

Le conglomérat coréen aurait notamment financé la carrière dans l'équitation de la fille de Choi Soon-sil, arrêtée au Danemark à la demande de Séoul.

Jay Y. Lee rejette ces accusations. Mercredi, Samsung Group a de nouveau démenti les accusations à son encontre, déclarant sur Twitter : « Samsung n'a absolument jamais corrompu la présidente dans le but d'obtenir quelque chose en échange ni sollicité des faveurs illicites. »

Nous ferons de notre mieux pour que la vérité soit révélée à l'audience.

Samsung

Le Parlement sud-coréen a voté début décembre à une écrasante majorité la destitution de Park Geun-hye, qui est suspendue et privée de ses prérogatives en attendant la décision de la Cour constitutionnelle.

Cette dernière a précisé jeudi qu'elle achèverait le 24 février ses auditions sur le dossier.

Poursuite des activités

Si les activités quotidiennes continuent, des experts estiment que l'épisode pourrait nuire à la prise de décisions au sommet du conglomérat, alors que se poursuit une restructuration destinée à attribuer à Lee la direction officielle du groupe, après le retrait de son père en 2014.

Pour le moment, les rendez-vous de Lee devraient être assurés par son numéro deux et mentor, Choi Gee-sung.

« Choi est très expérimenté et a fait un bon travail. Il est le mieux placé pour gérer les affaires au niveau du groupe en l'absence de Lee », estime un premier responsable.

« Tout s'est arrêté, rapporte un second. Nous nous concentrons surtout sur l'enquête du procureur [...] Nous allons lancer un plan d'urgence et tout sera sous le contrôle de Choi pour le moment. »

L'absence de l'héritier, susceptible d'être longue, pourrait aussi favoriser l'émergence du vice-président et directeur général de Samsung Electronics, Kwon Oh-hyun, responsable des activités de puces du groupe, qui génèrent désormais la majeure partie de ses bénéfices.

Samsung est le premier producteur mondial de téléphones intelligents, de mémoires électroniques et de téléviseurs à écran plat.

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