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Le Pentagone soucieux d'assurer l'intégrité territoriale de l'Irak

Le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, s'est rendu en Irak mardi pour discuter du rôle que pourraient y jouer les forces américaines après la reconquête des dernières villes sous le contrôle du groupe armé État islamique (EI) avec le premier ministre Haïdar Al-Abadi. Il s'est ensuite déplacé à Erbil pour tenter de dissuader les Kurdes d'organiser un référendum sur leur indépendance.

« L'État islamique est en fuite », a déclaré le numéro un du Pentagone lors d'un point de presse tenu après sa rencontre avec le chef du gouvernement irakien. « Ils ont montré qu'ils étaient incapables d'affronter notre équipe au combat. »

« La bataille est difficile, mais l'impulsion du moment est du côté de nos partenaires », a déclaré pour sa part le chef de la coalition internationale, le général Peter Townsend, qui accompagnait Jim Mattis pour l'occasion.

« La priorité pour le moment est de vaincre l’EI en Irak et de restaurer la souveraineté et l’intégrité territoriale » du pays, avait déclaré M. Mattis à la presse avant d’arriver à Bagdad en compagnie de l’envoyé du président américain auprès de la coalition internationale, Brett McGurk.

Après avoir repris cet été le contrôle de Mossoul, tombée aux mains de l’EI en 2014, les forces irakiennes et les unités paramilitaires ont entrepris en fin de semaine la reconquête de Tal Afar, dernier bastion que les djihadistes détiennent dans la province de Ninive, frontalière de la Syrie.

Située à 70 km à l’ouest de Mossoul, Tal Afar comptait auparavant 200 000 habitants, mais il n’en resterait plus qu’entre 10 000 et 20 000, selon le brigadier général Andrew Croft, responsable des opérations aériennes de la coalition internationale qui appuie Bagdad dans cette guerre.

Selon des responsables locaux, un millier de combattants de l’EI pourraient être retranchés dans Tal Afar, qui est encerclée par des forces de l’armée, de la police et des Unités de mobilisation populaires, paramilitaires progouvernementaux dominés par les chiites.

Dans un communiqué publié mardi, ces Unités de mobilisation populaires ont annoncé que les combattants engagés dans le combat ont repris trois quartiers de la ville, soit ceux d’Al-Kifah, dans le nord-ouest, d’Al-Nour, dans le sud-est et d'Al-Askari, dans le nord-est. Les combats sont « violents », selon un porte-parole du groupe, Ahmed Al-Assadi.

Prendre les combattants de l'EI en étau

Lors de remarques faites lors d’une escale à Amman, en Jordanie, Jim Mattis a refusé de s’avancer sur le temps qu’il faudra aux forces irakiennes pour libérer Tal Afar. Mais il a indiqué que ces dernières se dirigeront vers la vallée du Moyen-Euphrate dès que la bataille sera finie.

Selon lui, l’EI sera pris en étau dans cette zone, comprise entre Al-Qaim, en Irak, et Deir Ezzor, en Syrie, deux villes aux mains de l’EI. Deir Ezzor se trouve à environ 140 km au sud-est de Raqqa, capitale syrienne de l’EI, qui est prise d’assaut depuis des semaines par des combattants kurdes et arabes alliés à la coalition internationale.

« L’EI est maintenant prise entre des forces convergentes », a commenté le secrétaire américain à la Défense. « Alors les jours de l’EI sont certainement comptés. Mais ce n’est pas terminé encore, et cela n’arrivera pas de sitôt », a-t-il ajouté du même souffle.

Selon Jim Mattis, la libération de Mossoul, qui s’est étendue sur neuf mois, a fait « plus de 1200 morts et 6000 blessés » parmi les forces irakiennes. Mossoul est toutefois une ville beaucoup plus grande que Tal Afar; elle comptait environ 2,7 millions d'habitants avant que l’EI ne s’en empare.

Un embarrassant référendum

L'idée de faire front commun contre les djihadistes pour empêcher que de nouvelles fractures politiques ne divisent pas l'Irak n'a pas été évoquée lors de la rencontre que M. Mattis a eu avec le premier ministre Al-Abadi. Elle est également au cœur de la rencontre que le numéro un du Pentagone a eue par la suite à Erbil avec le président de la région autonome du Kurdistan, Massoud Barzani.

Washington est fermement opposé à ce que les quelque 5 millions de Kurdes qui habitent le nord du pays se prononcent sur l’indépendance de leur région dans un référendum prévu le 25 septembre, et M. Mattis compte persuader M. Barzani d’y surseoir.

Selon un haut responsable kurde interrogé par Reuters, les Kurdes pourraient envisager de repousser leur consultation populaire en échange de concessions politiques et financières de la part des États-Unis.

L’an dernier, le Pentagone a signé un protocole d’entente pour fournir des armes valant des centaines de millions de dollars aux forces de sécurité kurdes, les peshmerga.

Selon un haut responsable américain, M. Mattis pourrait utiliser cette entente comme monnaie d’échange dans ses discussions avec Massoud Barzani.

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