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Le père du petit Syrien mort noyé inhume sa famille à Kobané

Abdhullah Kurdi, rescapé du naufrage d'un bateau de migrants entre la Turquie et la Grèce, a enterré ses deux fils et sa femme vendredi à Kobané, leur ville d'origine, à forte majorité kurde située à la frontière turque.

Alan Kurdi, 3 ans, son frère de 5 ans, Galib, et leur mère Rehan, dont les corps ont été retrouvés échoués sur une plage turque, ont été inhumés dans une atmosphère de grande émotion dans le nord de la Syrie. Les funérailles ont eu lieu en présence de centaines de personnes. « Tout le monde était triste et en pleurs », a affirmé Mustefa Ebdi, un journaliste originaire de la ville.

En état de choc, Abdullah Kurdi, le père des deux garçons, a assisté à l'enfouissement des corps au cours d'une cérémonie des martyrs. Il a dit espérer que la mort de ses proches encouragerait les pays arabes à venir en aide aux réfugiés syriens.

« Je veux que les gouvernements arabes, pas les pays européens, voient [ce qui est arrivé] à mes enfants et en leur nom, qu'ils apportent leur aide », a-t-il dit dans une vidéo diffusée sur le site Internet d'une radio locale.

La photographie du petit corps allongé d'Alan Kurdi, sur le sable, vêtu d'un t-shirt rouge et d'un pantalon bleu, a suscité des messages de sympathie et des réactions d'indignation venus du monde entier. Ce simple cliché est venu résumer la tragédie des migrants qui, depuis des mois, fuient leurs pays en Afrique, au Proche-Orient ou en Asie pour rejoindre l'Europe afin d'échapper à la guerre et à la misère.

Un convoi accompagnant le père éploré, Abdullah Kurdi, et les dépouilles s'est d'abord rendu à Suruç, dans l'extrême sud de la Turquie, tout près de la frontière avec la Syrie, pour ensuite la traverser et arriver à Kobané située tout près de là.

Des représentants du gouvernement turc ont accompagné le convoi jusqu'à Kobané, mais les journalistes ont dû en descendre à environ trois kilomètres de là.

La soeur d'Abdullah Kurdi, qui vit en Colombie-Britannique, a expliqué jeudi que la famille désirait venir au Canada. M. Kurdi n'avait pas encore fait de demande officielle.

Une demande avait été transmise pour un autre parent, l'oncle du garçon, mais avait été rejetée par les autorités canadiennes.

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