Le petit port de Mariel, connu pour avoir été le théâtre d'un exode de Cubains en 1980, deviendra la ZED Mariel, la première zone spéciale de développement à Cuba. Il s'agit du « projet cubain le plus ambitieux des 50 dernières années », selon Raoul Castro.

Un texte de Jean-Michel Leprince

Ce n'est pas une zone franche, mais plutôt un territoire de 465 km2 destiné à accueillir des compagnies étrangères prêtes à investir, en bénéficiant de conditions fiscales avantageuses, avec ou sans participation cubaine. C'est une grande nouveauté à Cuba, où, avant l'adoption d'une nouvelle loi en 2014, l'État devait posséder au moins 51 % d'une entreprise mixte.

La directrice générale de la ZED Mariel, Ana Teresa Igarza Martinez, explique que ces entreprises doivent :

  • développer une production industrielle avec une grande valeur technologique ajoutée;
  • utiliser les connaissances et les innovations technologiques;
  • apporter une source d'emploi (entre 70 000 et 120 000 emplois espérés);
  • produire pour les Cubains des biens nécessaires à substituer aux importations (comme des bouteilles et des contenants);
  • exporter des produits élaborés à Cuba à partir de matières premières cubaines (nickel, silice, calcium, matériaux de construction, sucre, fruits et légumes).

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Un site stratégique

À 45 km de La Havane, desservie par des autoroutes, un chemin de fer rénové et plusieurs aéroports, la ZED Mariel est située en plein cœur de la zone caraïbe, tout près de Panama et de la Floride. Elle permettrait à Cuba de renouer avec la tradition de centre commercial névralgique qu'elle occupait à l'époque de l'empire colonial espagnol en Amérique latine.

Mariel est destiné à recevoir en provenance d'Asie les navires Postpanamax, qui peuvent transporter jusqu'à 12 000 conteneurs, avant d'en redistribuer les marchandises à travers l'Atlantique.

À terme, le port et ses 2400 mètres de quais devraient permettre de traiter un million de conteneurs par an.

Construit par le groupe brésilien Odebrecht grâce à un crédit de 600 millions de dollars de Brasilia, il a été inauguré par la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, en 2013. Le port sera géré par l'entreprise PSA International, de Singapour, qui gère déjà certains des plus grands ports du monde.

Le port de La Havane ne recevrait plus jamais de marchandises et serait réservé exclusivement au tourisme.

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Nouvelle ouverture sur le monde

Le gouvernement cubain espère ainsi attirer annuellement trois milliards de dollars en investissements étrangers.

La directrice générale du ZED Mariel explique que Cuba s'intéresse particulièrement à l'industrie pharmaceutique, au secteur des produits alimentaires, des produits d'aisance et de première nécessité, ainsi qu'aux énergies renouvelables et à la logistique. Bref, la haute technologie, l'agro-industrie, les biotechnologies et l'informatique.

Mais tous ces projets nécessitent des capitaux qui font encore cruellement défaut à Cuba, notamment en raison de l'embargo américain qui réduit considérablement les candidats au marché cubain. À suivre...

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