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Le premier ministre italien restera en poste jusqu'au vote du budget 2017

Le président italien, Sergio Mattarella, a demandé lundi soir au chef du gouvernement, Matteo Renzi, de ne démissionner que lorsque le budget 2017 aura été adopté par le Parlement.

M. Renzi devrait donc être en poste au moins jusqu’à la fin de la semaine, bien qu’il ait fait part dimanche de son intention de démissionner en raison des résultats du référendum sur son projet de réforme de la Constitution. Matteo Renzi a recueilli à peine plus de 40 % des voix en faveur de sa proposition de réduction des pouvoirs du Sénat et des régions.

C’est donc toujours du Sénat que dépend le départ du premier ministre, puisque le budget de l’an prochain, qui a déjà été approuvé par la Chambre des députés, doit aussi être cautionné par cette institution.

Après le vote sénatorial, le président Mattarella devrait nommer un gouvernement « technique », chargé principalement de réformer la loi électorale, une réforme sur laquelle s’accorde la majorité des formations politiques italiennes, mais pas les populistes du Mouvement 5 étoiles (M5S), ni la Ligue du Nord, qui réclament des élections immédiates.

Qu’à cela ne tienne, plusieurs noms du successeur de Matteo Renzi circulent actuellement, dont son ministre des Finances, Pier Carlo Padoan, ou encore le président du Sénat, Pietro Grasso.

Incertitudes politiques au goût du jour

Arrivé au pouvoir en février 2014, Matteo Renzi laisse derrière lui une Italie ayant renoué avec la croissance. Plusieurs craignent toutefois que sa démission ne plonge le pays dans une nouvelle phase d'instabilité politique, au moment où les banques de la péninsule montrent d'inquiétants signes de faiblesse.

Lundi, la Bourse de Milan était en légère baisse, mais les autres bourses européennes ont globalement progressé. L'euro s'est repris, après avoir plongé au cours de la nuit à son niveau le plus faible depuis mars 2015.

Plusieurs observateurs ont noté que la défaite du oui au référendum italien de dimanche mettait de nouveau de l’avant le « sentiment d'angoisse et de mécontentement » de l’Occident.

Le secrétaire d’État américain, John Kerry, a notamment fait cette observation dans un discours prononcé au ministère allemand des Affaires étrangères, lundi, mentionnant notamment la montée de la popularité de l’extrême droite en Autriche, ainsi que le vote en faveur du Brexit et celui en faveur de Donald Trump, aux États-Unis.

« Vous l'observez dans les angoisses que l'Italie a exprimées hier, ou dans celles de l'Autriche, où l'élection a abouti à un résultat différent, mais où ces angoisses étaient perceptibles », a-t-il ajouté.

Quant au gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, il s'est inquiété d'une perte de confiance dans le système économique et a averti contre « un effritement de la confiance du public en des marchés ouverts », soulignant que de récentes élections avaient fait chuter plusieurs pouvoirs en place.

Selon lui, les gouvernements occidentaux doivent « reconnaître clairement » l'existence d'inégalités croissantes et la construction d'une « croissance plus équilibrée », permettant à chacun de trouver sa place.

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