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Le président catalan déchu, en exil, appelle à l'unité des indépendantistes

Réfugié à Bruxelles, le président catalan déchu Carles Puigdemont a appelé samedi à l'unité des indépendantistes en vue des élections du 21 décembre, au moment où la justice belge entame les démarches pour l'extrader vers l'Espagne.

« Le moment est venu pour tous les démocrates de s'unir. Pour la Catalogne, pour la liberté des prisonniers politiques et la République », a écrit M. Puigdemont sur son compte Twitter.

Se considérant toujours le « président légitime » des Catalans, le chef indépendantiste s’est replié sur la capitale belge en début de semaine après avoir été destitué, avec son gouvernement, par Madrid.

L’appel de Carles Puigdemont a été reçu tièdement par les autres partis indépendantistes, qui sont divisés sur l’idée de former une nouvelle coalition lors de ce scrutin, qu’ils jugent « illégitime ».

Ainsi, le parti de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), qui formait la coalition au pouvoir depuis 2015 avec le parti de M. Puigdemont, le Parti démocrate européen catalan, plus à droite, a laissé entendre qu’il préférait faire cavalier seul.

M. Junqueras, qui était jusqu'à sa destitution le vice-président de la Catalogne, est en prison depuis jeudi, en compagnie de sept autres ex-ministres catalans. Sous le coup d’accusations de sédition, de rébellion et détournements de fonds publics, 13 membres du gouvernement étaient appelés devant la justice. Or, seul neuf d’entre eux se sont présentés devant la cour, puisque Carles Puigdemont et les autres ministres sont partis pour la Belgique.

La justice espagnole a lancé un mandat d’arrêt européen contre eux.

La numéro deux de l'ERC, Marta Rovira, a aussi pris ses distances de l’appel à l’unité indépendantiste. « Nous devons gagner [les élections], et c'est ce que nous ferons », a-t-elle simplement dit.

Un autre parti indépendantiste, La Candidature d'unité populaire (CUP) a réuni son conseil politique samedi à Perpignan, dans le sud de la France, et a annoncé qu'il déciderait le 12 novembre de sa participation ou non aux élections, et si oui, sous quelle forme.

« Nous étudions toutes les possibilités », a déclaré une porte-parole de la CUP, Nuria Gibert.

Les partis souhaitant se présenter en coalition ont jusqu'au 7 novembre pour se déclarer.

M.Puigdemont s'est dit « disposé » à être candidat aux élections. Il assure pouvoir mener campagne depuis l'étranger. Toutefois, les sondages placent son parti en 4e ou 5e position dans les intentions de vote.

En entrevue sur la télévision publique belge, M. Puigdemont a assuré ne pas fuir la justice espagnole. « Je vais aller à la justice, mais à la vraie justice », a-t-il dit.

La justice belge étudie ses options

Pendant ce temps, les procureurs de Bruxelles ont annoncé qu’ils espéraient entamer les démarches d’extradition de Carles Puigdemont et de quatre de ses collègues déchus le plus rapidement possible.

Des proches des dirigeants destitués refusent de révéler où ils se trouvent actuellement. Dans un message en néerlandais publié sur Twitter, M. Puigdemont a dit qu'il était prêt à collaborer avec les autorités belges.

Son avocat belge a toutefois indiqué que l’ex-président utiliserait les recours à sa disposition pour éviter l’extradition.

L’épuisement de ces recours le mènerait bien au-delà du 21 décembre, date prévue de la nouvelle élection générale en Catalogne.

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