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Le président Gambien prête serment au Sénégal

Le président gambien Adama Barrow a été assermenté en fin d'après-midi,jeudi, à l'ambassade de son pays au Sénégal, au moment où le refus du président sortant Yahya Jammeh de céder le pouvoir accentue la crise qui frappe le pays.

M. Barrow a été assermenté lors d'une cérémonie organisée à la dernière minute. Une quarantaine de personnes y assistaient, dont le premier ministre du Sénégal et le patron de la commission électorale gambienne.

Des centaines de personnes ont suivi le déroulement de l'assermentation sur un écran géant qui avait été installé devant l'ambassade gambienne de Dakar.

Des représentants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO) - qui menace d'intervenir militairement en Gambie si M. Jammeh continue à s'accrocher au pouvoir - étaient également présents.

Le Conseil de sécurité des Nations unies devait adopter, au cours de la journée, une ébauche de résolution qui autorise la force de la CÉDÉAO à prendre « tous les moyens nécessaires » pour chasser M. Jammeh du pouvoir.

« C'est un jour que les Gambiens n'oublieront jamais », a déclaré le nouveau président.

Un proche de M. Jammeh a fait savoir qu'il se trouve à sa résidence officielle de la capitale, Banjul, et qu'il a l'intention d'y rester. Si la force mobilisée par la CÉDÉAO veut l'arrêter, c'est à cet endroit qu'elle devra le faire, a dit ce collaborateur sous le couvert de l'anonymat, avant de prévenir que cela ne se fera pas sans résistance.

L'armée gambienne compte toutefois moins de 5000 hommes dont la loyauté est incertaine.

M. Jammeh a pris le pouvoir lors d'un coup d'État en 1994 et il est accusé de multiples violations des droits de la personne dans ce petit pays d'environ 1,9 million d'habitants. Il prétend maintenant que le scrutin présidentiel de décembre a été entaché d'irrégularités.

Son mandat présidentiel a pris fin à minuit et des militaires provenant du Sénégal et d'autres membres de la CÉDÉAO sont massés le long des frontières de la Gambie pour inciter M. Jammeh à s'en aller.

L'Union africaine avait déjà annoncé qu'elle ne le reconnaîtrait plus comme leader légitime de la Gambie après la fin de son mandat.

Les rues de Banjul étaient tranquilles, jeudi. Les commerces étaient fermés et les stations d'essence commençaient à manquer de carburant. Pratiquement tous les touristes sont partis.

On ne notait aucune activité militaire particulière même si M. Jammeh a proclamé un état d'urgence de trois mois plus tôt cette semaine.

Des milliers de personnes ont fui vers le Sénégal, dont plusieurs ministres du gouvernement de M. Jammeh.

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