Retour

Le président palestinien annonce un gel des relations avec Israël

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a annoncé qu'il interrompait « les contacts » avec Israël tant et aussi longtemps que les nouvelles mesures de sécurité mises en place par l'État hébreu autour de l'esplanade des Mosquées ne seraient pas revues.

« Au nom de la direction palestinienne, j'annonce un gel de tous les contacts avec l'État d'occupation à tous les niveaux jusqu'à ce qu'Israël s'engage à annuler toutes les mesures contre notre peuple palestinien en général et à Jérusalem et dans la mosquée Al-Aqsa en particulier », a déclaré M. Abbas devant des journalistes.

L'annonce du président Abbas répond à près d'une semaine d'affrontements quotidiens déclenchés par la mise en place de mesures de sécurité renforcées sur le site, à la suite d'une attaque meurtrière survenue la semaine dernière. Les affrontements de vendredi se sont soldés par la mort de trois Palestiniens après l'heure de la prière à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée.

Les heurts ont éclaté après que des centaines de personnes, dont des dignitaires musulmans, se furent approchées de l'esplanade des Mosquées. Or, l'accès au site est réservé aux hommes de 50 ans et plus ainsi qu'aux femmes de tout âge en vertu des nouvelles mesures de sécurité.

Les forces de sécurité ont donc tiré des grenades assourdissantes et utilisé du gaz lacrymogène contre les manifestants, tandis que ces derniers ont lancé des pierres aux policiers.

L'une des trois victimes est morte par balle dans des circonstances qui demeurent nébuleuses, ont déclaré les autorités. Une autre, âgée de 17 ans, est tombée sous les balles à Abou Dis, en Cisjordanie occupée, selon le ministère de la Santé palestinien. Environ 109 Palestiniens ont aussi été blessés lors de ces heurts, selon le Croissant-Rouge.

Par ailleurs, trois Israéliens ont été tués et deux autres ont été blessés à la suite d'une attaque au couteau dans une colonie de Cisjordanie, ont annoncé les autorités israéliennes. L'assaillant s'est infiltré dans une maison de la colonie de Neve Tsuf, au nord-ouest de Ramallah, a précisé l'armée sans toutefois fournir davantage de détails.

Des mesures contestées

La décision d'installer des détecteurs de métal à l'entrée de l'esplanade des Mosquées dimanche dernier a provoqué l'ire de nombreux Palestiniens et de dignitaires musulmans. Ces derniers avaient d'ailleurs appelé les fidèles à se rassembler vendredi pour une « journée de colère » contre les nouvelles mesures de sécurité, qui, disaient-ils, contreviennent aux accords régissant les lieux depuis plusieurs décennies.

Les accès à l'esplanade des Mosquées sont contrôlés par Israël, mais la zone est gérée par la Jordanie. Devant les manifestations quotidiennes, la police israélienne a dépêché des unités en renfort pour assurer la sécurité dans la vieille ville.

Des barrages routiers seront en place sur les routes d'accès à Jérusalem afin de bloquer les autocars qui acheminent des musulmans vers les lieux saints. Les autorités ont également fait état de policiers « mobilisés dans tous les secteurs et quartiers », en plus d'interdire l'accès à l'esplanade aux hommes de moins de 50 ans.

Les tensions se sont propagées à la Cisjordanie occupée où 3000 Palestiniens se sont rassemblés à différents endroits, selon l'armée israélienne. Qalandya et Hébron, dans le sud du territoire palestinien, ont vu les affrontements les plus violents.

Au total, 282 Palestiniens ont été blessés depuis le début des affrontements, dont 98 par des balles réelles ou en caoutchouc, selon le Croissant-Rouge.

Le dossier préoccupe divers dirigeants de la région : les ministres jordanien et émirati des Affaires étrangères ont notamment discuté par téléphone et demandé que le site soit « immédiatement et totalement » rouvert aux fidèles.

La Jordanie espère pouvoir jouer un rôle de médiateur auprès des différentes parties. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a quant à lui téléphoné jeudi à son homologue israélien, Reuven Rivlin, pour lui demander le retrait des détecteurs de métaux.

De son côté, le coordinateur de l'ONU pour les négociations de paix israélo-palestiniennes, Nickolay Mladenov, a lancé un appel au calme.

Malgré les protestations de la communauté musulmane, l'État hébreu a déclaré que les mesures resteraient en place. « Israël est déterminé à maintenir le statu quo sur le mont du Temple et la liberté d'accès aux lieux saints », précise le cabinet de sécurité du premier ministre Benyamin Nétanyahou dans un communiqué.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un enfant impressionne à la batterie dans le métro de New York





Rabais de la semaine