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Le président philippin affirme avoir tué des criminels présumés

Lorsqu'il était maire de Davao, une métropole du sud des Philippines, le président Rodrigo Duterte a lui-même abattu des suspects pour montrer l'exemple aux policiers, a-t-il admis.

Le chef d’État a émis ces commentaires, lundi soir, au palais présidentiel, devant un parterre d’hommes d’affaires auxquels il faisait part de sa croisade contre le trafic de drogue. Cette campagne a coûté la vie à quelque 3000 personnes, tuées par des policiers ou des inconnus, depuis son élection à la présidence du pays en mai dernier.

Le ministre de la Justice a rapidement tempéré les propos du président, affirmant qu’il exagérait souvent afin d’envoyer un message dissuasif aux criminels.

Vitaliano Aguirre II a déclaré à des journalistes que Rodrigo Duterte pourrait avoir eu recours à des hyperboles lorsqu’il a laissé entendre qu’il avait traqué des délinquants à abattre afin de montrer l’exemple aux policiers.

Celui qui est surnommé le Trump de l’Est a expliqué qu’il circulait à moto dans Davao, qu’il a gouverné pendant plus de 20 ans, et qu’il cherchait l’affrontement pour pouvoir tuer.

Au moment de son accession à la présidence du pays, Human Rights Watch avait dénoncé Rodrigo Duterte pour avoir mis sur pied des milices responsables de la mort de plus de 1000 personnes, dont des enfants de rues, des petits criminels et des revendeurs de drogue.

Le nouveau président a successivement démenti et reconnu avoir été impliqué dans ces escadrons de la mort.

En visite au Cambodge mardi, M. Duterte a plaisanté sur le sujet, relatant à des expatriés philippins qu’il accompagnait les policiers et tirait à vue, en fermant les yeux, car il avait peur de tirer.

Élu haut la main à la tête de l’État, M. Duterte a séduit l’électorat par ses propos populistes. En campagne électorale, il avait promis de tuer 100 000 criminels, dont les corps serviraient de nourriture aux poissons de la baie de Manille, afin de rendre le pays plus sécuritaire.

La police a annoncé avoir éliminé plus de 2000 personnes en cinq mois, dans des opérations antidrogue. Plus de 3000 autres ont disparu dans des circonstances floues, selon des chiffres officiels.

Dans bien des cas, des hommes cagoulés surgissent dans les bidonvilles pour assassiner des personnes, qui, selon leurs renseignements, seraient des trafiquants ou des toxicomanes. Cette pratique est dénoncée par les défenseurs des droits de la personne qui déplorent que les policiers agissent en toute impunité.

Le président philippin rétorque qu’il s’agit de légitime défense et que de nombreux assassinats sont le fait de règlements de compte entre gangs criminels.

Il ajoute qu’il ne laisserait pas des policiers aller en prison pour des meurtres commis dans le cadre de sa campagne antidrogue.

Il a d’ailleurs répondu aux critiques de ses détracteurs et du président américain Barack Obama qu’ils ne l’intimidaient pas et qu’il ne s’arrêterait pas là.

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