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Le président philippin Duterte promet d’intensifier la guerre contre la drogue

Malgré les pressions internationales et intérieures, les Philippines poursuivront leur guerre « implacable » contre la drogue, a assuré lundi le président Rodrigo Duterte au cours de son discours annuel sur l'état de la Nation.

« Quel que soit le temps qu'il prendra, le combat contre les drogues illégales se poursuivra, parce qu'elles sont la cause de tant de mal et de souffrance », a-t-il déclaré devant les parlementaires des deux chambres qui composent le Parlement.

« Le combat ne cessera pas tant que ceux qui sont impliqués n'arrêtent pas. Ils doivent arrêter, car l'alternative est la prison ou l'enfer », a-t-il averti.

M. Duterte a également défendu le rétablissement de la peine de mort pour les criminels responsables de la production et de la vente de drogue, mais aussi pour les personnes qui en sont dépendantes.

« Aux Philippines, c'est vraiment œil pour œil, dent pour dent. Vous prenez une vie, vous devez payer en mourant. C'est la seule façon de rendre la pareille », a-t-il déclaré.

La Chambre des représentants a déjà voté le rétablissement de la peine de mort en mars dernier, mais le texte de loi doit encore passer par le Sénat.

Rodrigo Duterte, partisan de la ligne dure, a également annoncé pendant son allocution une augmentation majeure des budgets de l’armée au cours des deux prochaines années, afin de permettre l’embauche de 35 000 à 40 000 nouveaux soldats ainsi que l’achat d’avions et de drones.

La politique antidrogue du président demeure très populaire auprès des Philippins, malgré sa violence. Depuis son élection au printemps 2016, et son assermentation à la fin juin de la même année, la lutte contre les stupéfiants ordonnée par le président a fait plus de 5200 victimes. Au moins 3000 d’entre elles sont mortes lors d’interventions de la police et 2000 autres ont été tuées par des hommes masqués en motocyclette, que des organisations de défense des droits de l’Homme qualifient de « milices » liées au gouvernement.

L’organisme Human Rights Watch qualifie d’ailleurs la croisade du président philippin de « calamité ».

En avril, un avocat philippin a déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale, accusant Duterte de crimes contre l’humanité.

« N’essayez pas de me faire peur avec la prison ou la Cour pénale internationale. Je suis prêt à aller en prison pour le restant de mes jours », a déclaré Rodrigo Duterte pendant son discours.

Après son allocution, le président est allé à la rencontre de protestataires qui manifestaient contre ses politiques, à l’extérieur du parlement, mais il s’est mis en colère lorsque certains l’ont interrompu.

« Taisez-vous. Je ne veux pas vous voir si vous agissez comme ça, a-t-il dit aux activistes. Vous pouvez me crier dessus et ne pas me respecter, mais ce sera la dernière fois que je vous parlerai. »

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