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Le président Trump a-t-il trouvé son erre d'aller?

L'atmosphère a changé en quelques jours dans la capitale américaine. La désorganisation et les chocs qui ont marqué les 10 premiers jours de l'administration Trump semblent oubliés. Est-ce une illusion? Retour sur deux semaines bien chaotiques.

L'image qui sort de la Maison-Blanche ces jours-ci n'est plus celle d'une administration assiégée, prête à tout pour défendre ses politiques les plus controversées. Le ton est plus posé, moins porté à la confrontation. Comme si le vent de tempête avait cessé de souffler durant la deuxième semaine de la présidence Trump.

Cette tempête des 10 premiers jours, c’était des disputes sur la taille des foules à l'assermentation du président, d'importantes manifestations, des rumeurs circulant à grande vitesse. Puis, il y a eu l'importante confusion entourant les interdictions d'entrée pour ressortissants et réfugiés.

Ce calme en partie retrouvé semble coïncider avec l'annonce du choix de Neil Gorsuch pour siéger à la Cour suprême. Ce n'est pas le juriste qui a calmé le jeu. Plutôt sa personnalité conservatrice, les valeurs qu'il épouse. Pour ceux qui défendent des valeurs conservatrices, c'était un geste d'apaisement, une façon pour le président de leur montrer qu'ils peuvent encore compter sur lui.

Ce choix de juge a aussi permis de faire bifurquer la conversation dans une autre direction. De faire oublier un peu toute la mauvaise presse qui a accompagné les controversées mesures en immigration : les déchirantes histoires personnelles, la dissidence de centaines de diplomates, les reproches venant de chefs d'État étrangers.

Le calme semble être revenu à la Maison-Blanche, mais cela ne pourrait bien être qu'une illusion. Un répit temporaire pour une administration jeune, à qui il manque encore bien des joueurs clés en poste.

Des fuites révélatrices

Les nombreuses fuites d'informations semblent être un indicateur des problèmes toujours existants. Des révélations assez extraordinaires, notamment touchant une partie des conversations entre le président américain et des dirigeants étrangers. Des révélations parfois gênantes pour Donald Trump. Et qui viennent de son entourage.

Ces fuites nous ont appris que Donald Trump avait menacé le président mexicain d'envahir son pays. C'était à la blague, a expliqué la Maison-Blanche. Le président a aussi dénigré le premier ministre de l’Australie, un pays allié de longue date. Par la suite, la Maison-Blanche a dû préciser que la conversation avait été « cordiale ».

D'autres fuites détaillent des ébauches de politiques parfois bien controversées. Des versions inachevées circulent sur l'immigration, la religion. Peut-être une façon de tester l'opinion des élus et du public pour ajuster le tir. Peut-être aussi le fruit des rivalités dans une Maison-Blanche toujours en train de s'organiser.

On sait que Donald Trump aime bien gérer dans un climat de rivalité. Qu'il place ses lieutenants en situation de conflit pour les pousser à se dépasser. Mais les rumeurs qui sortent du 1600 Pennsylvania Avenue donnent l'impression que les rivaux jouent dur. Que leurs luttes de pouvoir se font parfois au détriment des politiques de l'administration.

C'est ce qui pourrait expliquer la confusion entourant les directives présidentielles sur l'immigration. Peu de gens étaient au courant, un petit nombre de responsables ont été consultés à l'avance. Comme si l'on voulait éviter les fuites, éviter que les rivaux ne viennent saboter le plan.

Ces tensions expliquent peut-être aussi ce qui ressemble à des revirements en politique étrangère. Des revirements par rapport aux déclarations de Donald Trump en campagne. Grand défenseur d'Israël? Sans avertissement, un soir de semaine, la Maison-Blanche a critiqué l'agrandissement des colonies juives. Un agrandissement auquel l'État hébreu procède depuis l'élection américaine.

Bien sûr, il est risqué de vouloir trop analyser les premiers pas d'une nouvelle administration. Surtout quand elle est dirigée par un homme qui a promis de bouleverser les conventions et l'ordre établi.

C'est peut-être ce qu'il faut retenir après une quinzaine de jours : il reste encore beaucoup d'incertitude et d'inquiétudes. Chez les immigrants, mais aussi dans les entreprises. Dans les capitales étrangères comme les villes refuges. À en juger par le début du mandat Trump, le sentiment pourrait durer encore quelque temps.

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