Le procès de l'acteur américain Bill Cosby pour agression sexuelle a été annulé, car le jury n'est pas parvenu à un verdict à l'unanimité. Les procureurs ont quatre mois pour décider s'ils veulent poursuivre Cosby de nouveau ou laisser tomber les accusations.

Le procureur du comté de Montgomery qui avait inculpé Bill Cosby, Kevin Steele, a déjà déclaré qu’il demanderait la tenue d’un nouveau procès. Pour sa part, l'acteur américain n'a eu aucune réaction à l'annonce de l'annulation de ce procès.

Les jurés avaient délibéré pendant plus de 52 h avant de dire au juge qu'ils n'ont pas pu arriver à un verdict sur le sort de l'acteur américain, accusé d'avoir drogué et agressé sexuellement la torontoise Andrea Constand, en 2004, à son manoir situé en banlieue de Philadelphie.

La longueur des délibérations avait mis la patience des avocats de la défense et même du juge Steven O'Neill à l'épreuve, vendredi, au cinquième jour du procès, alors que les jurés demandaient à réentendre plusieurs témoignages, dont ceux de l'accusé et de la victime présumée.

Les délibérations ont été plus longues que l'ensemble des témoignages qui ont été entendus au cours du procès.

Vendredi, les avocats de l'accusé de 79 ans avaient suggéré que les jurés tentaient de forcer la tenue d'un autre procès qui devrait tout reprendre à zéro. Ils martelaient que leur client et Andrea Constand avaient eu une relation amoureuse et que les rapports sexuels étaient consensuels.

Le juge Steven O'Neill avait refusé deux fois des demandes d'annuler le procès, soutenant que les jurés pouvaient prendre autant de temps que nécessaire pour parvenir à un consensus.

Or, même le magistrat a semblé avoir ses limites, notamment lorsque les jurés lui ont demandé de réentendre le passage d'un témoignage. Le juge leur a répondu qu'ils allaient devoir s'en remettre à leur mémoire collective.

Le procès a déjà contribué à ternir l'image du père de famille qui est associée à l'acteur en raison de son rôle du Dr Cliff Huxtable dans la série The Cosby Show, qui a été produite dans les années 1980 et 1990.

Des dizaines de femmes ont allégué que Cosby les avait droguées et agressées, mais le cas d'Andrea Constand, aujourd'hui âgée de 44 ans, est le seul à avoir mené au dépôt d'accusations criminelles.

Vendredi, le jury avait demandé à passer en revue de nombreux éléments de preuve, entre autres la déposition de l'accusé faite en 2006 dans laquelle il parle d'un type de sédatif qu'il pourrait avoir utilisé pour droguer Andrea Constand et l'amener à avoir des rapports intimes avec lui.

L'humoriste et comédien y affirme avoir obtenu sept prescriptions du puissant sédatif dans les années 1970 afin d'en administrer aux femmes avec lesquelles il souhaitait avoir une relation sexuelle.

Mme Constand, qui est une ex-employée de l'Université Temple, dont Cosby était un membre influent du conseil d'administration, allègue s'être sentie paralysée après avoir avalé des comprimés que son présumé agresseur lui aurait donnés.

Cosby a dit qu'il s'agissait du médicament Benadryl, utilisé pour traiter le rhume et les allergies.

Vendredi, les jurés ont aussi entendu la définition du principe « hors de tout doute raisonnable » et analysé une fois de plus le témoignage de Mme Constand et de sa mère au sujet de conversations téléphoniques qu'elles ont eues avec Cosby après le soir de l'agression alléguée.

Une condamnation lors d'un nouveau procès pourrait valoir à Bill Cosby jusqu'à 30 ans de prison. Il aura 80 ans en juillet.

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