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Le régime syrien passe à l'offensive pour reprendre Alep

D'intenses bombardements aériens ont à nouveau visé les quartiers rebelles d'Alep vendredi, quelques heures après l'annonce par l'armée syrienne d'une offensive pour reprendre la plus grande ville de Syrie, ont annoncé les services de secours de la ville et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

L'armée de Bachar Al-Assad, appuyée par la Russie, a appelé jeudi soir les civils à évacuer les quartiers est d'Alep, où vivraient encore quelque 250 000 habitants et qui avaient déjà été la cible jeudi des plus violents bombardements depuis des mois.

Selon Ammar Al-Selmo, qui dirige les « casques blancs » de la Défense civile syrienne à Alep, trois centres de l'organisation de secours sur quatre ont été touchés par des bombardements dont deux ont été mis hors service, reflétant la volonté du pouvoir et de ses alliés de priver la population de toute aide possible et de la contraindre à quitter la zone.

Pas de trêve durable

Les raids de vendredi font suite à l'échec dans la nuit d'une réunion du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) à New York, où les Etats-Unis et la Russie n'ont pas réussi à s'entendre sur une réinstauration de la trêve qu'ils avaient négociée au début du mois.

« Nous pouvons dire aujourd'hui que notre travail a cessé en raison d'une pénurie de carburants, de la destruction de nos équipements et de l'intensité des bombardements », a déploré Ammar Al-Selmo, dont l'organisation de volontaires a reçu jeudi le « prix Nobel alternatif » en Suède.

« Une véritable opération d'anéantissement »

« Ce qui se déroule actuellement, c'est une véritable opération d'anéantissement, dans tous les sens du terme », a déclaré Ammar Al-Selmo. « Les bombardements d'aujourd'hui sont plus violents et impliquent un plus grand nombre d'avions. »

La vague de bombardements a commencé tôt le matin, après d'autres raids dans la nuit, a précisé Ammar Al-Selmo.

D'après l'OSDH, au moins 40 frappes aériennes ont touché Alep depuis minuit.

Des rebelles et l'OSDH affirment que les raids aériens ont été menés par des avions aux technologies de pointe ne pouvant appartenir qu'à la Russie. Des habitants ont également évoqué la présence d'hélicoptères larguant des barils d'explosifs, une tactique habituellement utilisée par le régime de Damas.

« Les entendez-vous? Le quartier est visé en ce moment par des missiles. On entend les avions en ce moment », a déclaré à Reuters Mohammed Abou Radjab, un radiologue. « Les avions, hélicoptères, bombardiers ne quittent pas le ciel. »

Troupes au sol prévues

Selon un commandant rebelle, ces bombardements sont les plus violents subis par la ville depuis le début du conflit.

« J'ai été réveillé par une puissante secousse alors que j'étais loin de l'endroit atteint par le missile », a-t-il dit dans un enregistrement audio adressé à Reuters, précisant que des membres de son groupe étaient ensevelis sous les décombres.

Dans un communiqué publié jeudi soir, l'armée syrienne a annoncé « le lancement d'une opération sur les quartiers est d'Alep » et a demandé à la population de se tenir éloignée des « quartiers généraux et des positions des bandes terroristes ».

Le message ne donne pas de précisions sur l'opération, mais une source proche de Damas a dit à Reuters que les opérations au sol n'avaient pas encore commencé.

De source militaire syrienne, on apprenait toutefois vendredi que cette offensive dans les quartiers rebelles d'Alep était une « opération complète » impliquant une intervention au sol, même si l'artillerie et l'aviation pourraient continuer à préparer le terrain « pendant un certain temps ».

« En ce qui concerne les raids aériens et les tirs d'artillerie, ils pourraient durer un certain temps suivant la situation au sol et les pertes des terroristes (...). Comme
toute opération militaire, cela débute avec des barrages d'artillerie et des raids aériens, puis les troupes au sol agissent en fonction des résultats des frappes et de leur
impact », a-t-on déclaré.

La Russie et le gouvernement syrien n'ont pour le moment fait aucun commentaire sur les bombardements en cours.

Le régime de Damas et ses alliés russe et iranien ont fait de la reprise d'Alep, la plus grande ville de Syrie et capitale économique du pays avant le début du conflit, leur priorité absolue. La ville est totalement encerclée depuis cet été.

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