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Le secrétaire américain à la Défense en Afghanistan pour évaluer ses options

Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, est arrivé lundi en Afghanistan, au moment où l'administration Trump réévalue la stratégie à adopter face aux talibans, qui ont repris beaucoup de terrain depuis le retrait de la majorité des troupes occidentales, en 2014.

Le général Mattis, qui connaît bien l’Afghanistan pour y avoir servi à plus d’une reprise au cours de sa carrière militaire, est le second responsable de l’administration Trump à faire escale à Kaboul en une semaine, après le conseiller à la sécurité nationale du président, H. R. McMaster.

Le secrétaire américain à la Défense s'est entretenu avec le général John Nicholson, qui dirige les opérations de l’OTAN dans le pays, ainsi qu'avec le président Ashraf Ghani et son conseiller à la sécurité nationale, Hanif Atmar.

Le général Mattis n’a pas annoncé de nouveaux déploiements en Afghanistan en dépit du fait que le général Nicholson ait demandé au Congrès, en février dernier, d’obtenir « quelques milliers » d’hommes de plus afin de vaincre l’insurrection islamiste et les différents groupes qui la conduisent.

Il a atterri à Kaboul moins d’une heure après l’annonce de la démission du ministre afghan de la Défense et le chef d'état-major de l'armée, dans la foulée de l’attaque par les talibans d'une base militaire à Mazar-e Charif, dans le nord du pays. Quatre généraux de corps d’armée ont aussi été limogés.

L’attaque s’est produite vendredi lorsqu’une dizaine de talibans portant des uniformes militaires ont franchi deux points de contrôles de la base, avant d’être intercepté au troisième. Des assaillants ont ouvert le feu, d’autres se sont fait exploser, et le commando a réussi à pénétrer dans la base.

« Ces gens ne sont pas des musulmans, ce sont des criminels, des animaux », a déclaré le général Mattis, promettant de « continuer à soutenir les Afghans épaule contre épaule pour l'avenir de ce pays ».

Le ministre de la Défense Abdullah Habibi et le chef d’état-major de l’armée, le général Qadam Shah Shahim, ont été accusés de négligence après cette attaque, perpétrée au moment où soldats et recrues sortaient de la mosquée ou mangeaient.

Les autorités n’ont toujours pas publié de bilan définitif de cette attaque, la plus importante jamais menée contre une base militaire afghane, mais plusieurs sources évoquent un bilan avoisinant les 140 morts. Des dizaines de militaires ont aussi été blessés.

Il s’agissait de la deuxième attaque d’envergure à se produire en quelques semaines dans le pays. Début mars, un commando a fait irruption dans le principal hôpital militaire de la capitale, situé à proximité de toutes les ambassades occidentales, dont celle des États-Unis, tuant une cinquantaine de personnes.

Cette autre attaque a été revendiquée par le groupe armé État islamique (EI), qui s’est implanté dans le pays au cours des dernières années. Le groupe a d’ailleurs été visé par la plus importante bombe de l’arsenal conventionnel des États-Unis le 13 avril; 96 djihadistes y auraient perdu la vie.

« Cette bombe constituait un message très clair à l'EI: s'ils viennent ici, ils seront détruits », a déclaré M. Nicholson. « Nous continuerons ainsi jusqu'à la défaite de l'EI, a-t-il prévenu, ils n'ont pas leur place ici. »

Selon des estimations, les talibans contrôlent actuellement le tiers du territoire afghan. Ils sont notamment très présents dans la province de Helmand, dans le sud-ouest du pays, région qu’ils utilisaient traditionnellement pour cultiver de l’opium et ainsi financer ses efforts insurrectionnels.

Plusieurs responsables militaires américains ont profité du passage du général Mattis à Kaboul pour déplorer le rôle de la Russie, en Afghanistan, à qui ils reprochent de vendre des armes aux talibans.

Sous couvert de l’anonymat, un responsable américain a confié que la Russie fournissait une aide financière et des armes, notamment des mitrailleuses, aux talibans. Ce dernier a précisé que le nombre de livraisons d’armes avait augmenté au cours des 18 derniers mois.

En conférence de presse, le général Nicholson n’a pas démenti le fait que la Russie livrait des armes aux talibans.

Les États-Unis ont environ 8400 hommes en Afghanistan, dont une majorité sont placés sous le commandement de l’OTAN.

Ces militaires offrent essentiellement de la formation et des conseils aux forces de sécurité afghanes, et du soutien opérationnel ponctuel pour des opérations militaires.

En février, le général Nicholson avait déclaré au Congrès qu’il lui faudrait « quelques milliers » de soldats de plus pour venir à bout de l’insurrection talibane, mais rien ne s’est concrétisé jusqu’ici; les agences fédérales américaines en sont toujours à réévaluer leur engagement.

Des responsables américains reconnaissant que l’Afghanistan n’est plus considérée comme une question prioritaire depuis quelques années déjà.

L’administration Trump se montre de facto plus préoccupée par la situation en Syrie, en Irak et en Corée du Nord.

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