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Le Sénat américain échoue à s'entendre sur le sort d'Obamacare

La plus récente tentative du Congrès américain à majorité républicaine pour abroger et remplacer le programme de couverture médicale Obamacare vient de se solder par un nouvel échec.

Selon plusieurs médias américains, le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, vient de décider de repousser la tenue d’un vote à ce sujet à une date indéterminée.

Jusque là, M. McConnell affirmait qu’un projet de loi du Sénat serait soumis au vote cette semaine, afin qu’il puisse être adopté avant que les travaux ne soient ajournés pour la pause estivale.

Ce revirement de situation démontre que les républicains du Sénat n'ont pas réussi à s'entendre sur l'avenir de cette politique phare du président Obama, adoptée il y a maintenant sept ans.

Le projet de loi préparé par le Sénat était contesté non seulement par l’ensemble des démocrates, mais aussi par un nombre suffisamment élevé de républicains, ultraconservateurs et modérés, pour empêcher son adoption.

Les mathématiques sont simples et sans appel : avec 52 sénateurs sur 100, les républicains ne pouvaient se permettre d’avoir plus de trois défections dans leur rang s’ils voulaient d’abord soumettre le projet de loi aux votes, puis le faire adopter.

Or, selon un décompte effectué mardi midi, au moins cinq sénateurs républicains avaient déjà fait savoir qu’ils étaient contre l’idée de soumettre le projet de loi au vote. Cinq sénateurs se sont aussi prononcés contre le projet de loi en tant que tel.

Ces opposants comprennent aussi bien des modérés, qui estiment que le projet de loi priverait trop d’Américains d'une couverture médicale, que des ultraconservateurs, qui jugent qu’il ne va pas assez loin et qu’il demeure trop coûteux pour les finances publiques.

D’autres sénateurs se trouvent aussi dans une situation politique délicate : ils doivent se représenter devant leurs électeurs en novembre 2018 et ces derniers ont parfois profité de mesures incluses dans l’Obamacare, dont celles qui ont permis l’expansion du programme Medicaid, destiné aux pauvres et aux handicapés.

Cette situation a donné lieu à d'ultimes négociations mardi. Le vice-président Mike Pence a rencontré des sénateurs conservateurs mardi midi, tandis que le leader de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, devait rencontrer un autre groupe de sénateurs.

Confronté aux dissidents qui ont des récriminations bien différentes, M. McConnell en était quitte pour se livrer à un délicat numéro d’équilibriste qui se déroule sous haute pression. Il appert finalement qu'il n'est pas parvenu à résoudre la quadrature du cercle.

Les républicains déterminés à en finir avec l'Obamacare

L'affaire decevra sans aucun doute plusieurs ténors du Parti républicain, qui assuraient encore mardi matin que le projet de loi serait soumis au vote des sénateurs cette semaine, comme prévu.

« Nous nous attendons à avoir le soutien nécessaire pour le faire et, oui, nous voterons cette semaine », avait indiqué à NBC News le whip de la majorité républicaine, John Cornyn.

« Nous avons dit que si nous étions élus, nous abrogerions et remplacerions Obamacare. Nous l’avons fait à la Chambre. C’est au tour du Sénat et je pense qu’ils y arriveront » avait pour sa part affirmé à Fox News le président de la Chambre des représentants, le républicain Paul Ryan.

Lundi, le Bureau du budget du Congrès, un organisme indépendant, a conclu que le projet de loi du Sénat priverait 23 millions d’Américains d’assurance-santé d’ici 2026. Il permettrait cependant de réduire le déficit du Trésor public de 321 milliards d’ici là.

La volonté d’abroger et remplacer Obamacare a déjà causé de nombreux maux de tête aux républicains. Après avoir échoué à s'entendre sur un premier projet de loi en mars, les républicains de la Chambre des représentants ont laborieusement approuvé une version finale en mai.

Le projet de loi préparé par le Sénat diffère cependant de celui adopté à la Chambre. S'il devait être approuvé, même ultérieurement, deux scénarios se présenteraient au Parti républicain : les élus de la Chambre pourraient voter sur le projet de loi approuvé au Sénat, ou les élus de deux chambres se réuniront pour des séances de conciliation afin de parvenir à une seule et unique version.

Ces scénarios, qui impliquent une nouvelle série de négociations, ne sont pas dénués d'écueils dans un cas comme dans l'autre.

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