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Le sort de plusieurs espèces menacées discuté à Johannesburg

La lutte contre le trafic d'éléphants, de rhinocéros et de pangolins a dominé les discussions lors de la Convention internationale sur le commerce d'espèces sauvages menacées d'extinction (CITES), qui a débuté samedi à Johannesburg.

Selon un rapport de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), divulgué dimanche devant près de 3500 délégués, l'Afrique compte environ 111 000 éléphants de moins qu'en 2006. La population de l'espèce serait donc à son plus bas niveau depuis 25 ans.

L'étude a révélé que la Tanzanie a connu une chute de 60 % de sa population en 10 ans. Par contre, certaines régions, comme le Soudan du Sud, le Liberia et les zones de savane de République centrafricaine, n'ont pas pu être étudiées.

« La forte hausse du braconnage, qui a débuté il y a une dizaine d'années, est la principale cause du déclin », a expliqué dans un communiqué l'organisation qui s'impose en matière de faune sauvage.

Le directeur général de TRAFFIC, Steven Broad, croit que ces chiffres démontrent que les gouvernements doivent « redoubler d'efforts pour contrôler le trafic illégal d'ivoire ».

Les rhinocéros sont aussi populaires auprès des braconniers. Trois animaux de cette espèce sont tués chaque jour, a souligné l'organisation mondiale de protection de la nature WWF.

Les éléphants et les rhinocéros sont chassés, respectivement pour leur ivoire et leurs cornes, qui sont revendus à prix d'or, surtout sur le marché asiatique, où la demande est grande.

Lutte mondiale contre le braconnage

Des milliers de défenseurs de l'environnement et de représentants des gouvernements sont en Afrique du Sud jusqu'au 5 octobre pour discuter des restrictions commerciales qui touchent 500 espèces. 

Le braconnage est une activité illégale lucrative, évaluée à 20 milliards de dollars par an, selon la CITES. Il se classe donc en quatrième place, après le commerce des armes, de la contrefaçon et des êtres humains.

Le pangolin oublié

Le pangolin figure aussi parmi les espèces en danger, mais son sort suscite peu d'intérêt comparativement aux éléphants et aux rhinocéros.

Ce mammifère insectivore et nocturne, aux écailles particulières, est aussi devenu l'une des cibles de choix des braconniers et il est aujourd'hui menacé d'extinction.

Les défenseurs ont d'ailleurs profité de la rencontre pour tirer le signal d'alarme et demander sa protection.

« Nous estimons que plus d'un million de pangolins ont fait l'objet de trafic au cours de la dernière décennie, ce qui dépasse de loin le nombre combiné de rhinocéros ou d'éléphants », a affirmé l'un des fondateurs de l'ONG du Groupe de travail sur les pangolins en Afrique, Ray Jansen.

Le commerce de l'animal est réglementé, mais toujours légal. Néanmoins, ces chiffres ont convaincu certains gouvernements, et de nombreuses ONG, d'exiger l'inscription du pangolin à l'annexe 1, qui interdit le commerce de certaines espèces.

Leurs écailles en kératine, une matière première que l'on retrouve aussi dans les cornes de rhinocéros, sont très convoitées.

Les restaurants chinois ou vietnamiens en achètent afin d'en proposer à leur client. Dans plusieurs cultures, il était considéré comme le plus beau cadeau à offrir à un chef, explique Ray Jansen, mais la pratique est désormais abandonnée. Il ajoute qu'un pangolin se vend de 650 à 5200 euros.

Quatre pays d'Afrique australe ont critiqué les ONG occidentales, les accusant de dicter aux pays africains comment gérer leurs ressources. « S'il vous plaît, laissez-nous tranquilles et ne venez pas nous dicter ce que nous devrions faire », a lancé le secrétaire zambien au Tourisme, Stephen Mwansa.

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