Le président du Bureau national des statistiques du Soudan du Sud a affirmé lundi que la famine sévit dans plusieurs régions du pays. « Dans l'État de Unity, certains comtés sont classés en famine ou risque de famine », a précisé Isaiah Chol Aruai lors d'une conférence de presse à Juba.

Trois agences de l’ONU, le Fonds pour l'enfance (UNICEF), le Fonds pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM), ont indiqué que 100 000 Sud-Soudanais souffrent de famine.

Elles ont ajouté qu’environ 1 million de Sud-Soudanais risquent la famine dans les prochains mois.

Les agences humanitaires déplorent d'autant plus cette famine qu'elle est causée par la guerre qui ravage le pays depuis plus de trois ans.

« Lorsqu'on déclare officiellement l'état de famine, cela veut dire que les gens ont déjà commencé à mourir de faim », ont indiqué ces trois organisations dans un communiqué commun. « Cette situation alimentaire est la pire depuis le début des combats [de la guerre civile] il y a plus de trois ans. »

« La guerre a perturbé l'agriculture. Les gens ont perdu leur bétail, même leurs outils agricoles. Depuis des mois, les gens dépendent entièrement des plantes et des poissons qu'ils peuvent trouver », a expliqué Serge Tissot, représentant de la FAO au Soudan du Sud.

Le pays est en proie à de violents combats entre forces gouvernementales, fidèles au président Salva Kiir, et rebelles engagés au côté de l'ex-vice-président Riek Machar. Le conflit a fait plus de 3 millions de réfugiés et déplacés. L'ONU, qui dénonce un « processus continu d'épuration ethnique », redoute un génocide comparable à celui qui s'est produit au Rwanda en 1994.

Ailleurs dans la région, une sécheresse frappe la Somalie, l'Éthiopie et le Kenya.

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