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Le successeur de Mugabe salue le début d’une « nouvelle démocratie » au Zimbabwe

Rentré au pays au lendemain de la démission du président Robert Mugabe, le prochain homme fort du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, veut inaugurer une nouvelle ère dans un pays où le chômage frappe 90 % de la population.

« Aujourd'hui, nous sommes les témoins du début d'une nouvelle démocratie », a-t-il lancé à quelques centaines de partisans réunis devant le siège du parti au pouvoir, la Zanu-PF.

Emmerson Mnangagwa, qui deviendra officiellement le président du Zimbabwe vendredi, s'était exilé en Afrique du Sud pour des raisons de sécurité il y a deux semaines, après avoir été licencié de son poste de vice-président par la première dame, Grace Mugabe, à qui il barrait la route de la succession de son mari.

Son éviction avait provoqué un coup de force de l'armée dans la nuit du 14 au 15 novembre, fermement opposée à l'arrivée au pouvoir de la première dame.

Près d’une semaine après l’intervention de l’armée et après avoir résisté pendant plusieurs jours, Robert Mugabe, 93 ans, a finalement accepté de démissionner de la présidence après près de 40 ans au pouvoir. Il était sous la menace d'une procédure de destitution lancée par son propre parti.

« Ma décision de démissionner est volontaire, soutient-il dans sa lettre de démission. Elle est motivée par ma préoccupation pour le bien-être du peuple du Zimbabwe et mon souhait de permettre une transition en douceur, pacifique et non violente. »

Mnangagwa promet de relancer une économie à l’agonie

Quelques heures après les scènes de liesse qui ont eu lieu à l’annonce du départ de Robert Mugabe, la population est toujours pleine d’espoir, dans un pays où l’activité économique tourne au ralenti, l’inflation est élevée et les emplois se font rares.

« Ce que je désire ardemment, c'est que le camarade Mnangagwa, notre père, crée des emplois », souhaite un vendeur de fleurs de 34 ans.

C’est justement ce qu’a promis le futur président dans son discours mercredi. « Nous voulons relancer notre économie, nous voulons des emplois », a-t-il lancé, faisant le serment d'être le « serviteur » du peuple.

Lors de son premier discours public, le futur président a aussi appelé « tous les patriotes du Zimbabwe à travailler ensemble », afin d’attirer les investissements étrangers.

« La transition de Mugabe à Mnangagwa pourrait être un tournant positif et replacer le Zimbabwe sur le radar des investisseurs », estime le spécialiste des marchés émergents à la banque Exotix Capital, Hasnain Malik.

L’arrivée du « crocodile » suscite aussi des craintes

Ce n’est toutefois pas tous les Zimbabwéens qui partagent cet optimisme.

Un banquier de 38 ans avertit que, même si le départ de Robert Mugabe est un « soulagement », « il ne faut pas trop s'emballer pour le nouveau ».

Âgé de 75 ans, Emmerson Mnangagwa, surnommé le « crocodile » en raison de son caractère inflexible, était fidèle à l'ancien président et à son régime.

Ce héros de la guerre d'indépendance, plusieurs fois ministre et pilier de l’appareil sécuritaire du pays, a été étroitement associé pendant des décennies à la politique répressive du président Mugabe, dont il exécutait les basses besognes.

« Ce passé sombre ne va pas disparaître. Cela va le poursuivre comme un chewing-gum collé sous une semelle », prévient le consultant d'International Crisis Group en Afrique australe, Piers Pigou.

Amnistie internationale a rappelé de son côté que « des dizaines de milliers de personnes ont été torturées, ont disparu ou ont été tuées » sous l'ère Mugabe, et a appelé le pays à « renoncer aux abus du passé ».

Même s’il a apporté son soutien à Emmerson Mnangagwa, le président de la Guinée et président de l'Union africaine (UA), Alpha Condé, tient à s’assurer que les prochaines élections au Zimbabwe soient « démocratiques ».

« On doit respecter la démocratie, la démocratie c'est la volonté populaire », a-t-il déclaré.

Le « crocodile » doit occuper la présidence du Zimbabwe jusqu'à l'élection présidentielle qui doit avoir lieu au plus tard en septembre 2018.

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