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Le ton monte sur le sort post-Brexit de Gibraltar

Il n'y aura pas de changement concernant la souveraineté de Gibraltar sans le consentement du Royaume-Uni, a prévenu lundi le secrétaire aux Affaires étrangères britannique, Boris Johnson. Le ton monte entre Londres, Bruxelles et Madrid sur le sort de cette enclave britannique située à la pointe sud de l'Espagne.

« La souveraineté de Gibraltar est inchangée et ne changera pas et ne pourra vraisemblablement pas changer sans le soutien et le consentement express de la population de Gibraltar et du Royaume-Uni, et cela ne va pas changer », a déclaré le chef de la diplomatie britannique à son arrivée à une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne au Luxembourg.

Un ancien dirigeant du Parti conservateur de Theresa May, Michael Howard, a affirmé ce week-end que la première ministre britannique était même prête à faire la guerre pour défendre le territoire, comme l'avait fait il y a 35 ans Margaret Thatcher contre l'Argentine à propos des îles Malouines.

L'Union européenne (UE) a proposé vendredi que l'Espagne dispose d'un droit de regard sur les futures relations entre Gibraltar et les pays du bloc communautaire lorsque le divorce avec le Royaume-Uni sera consommé.

« Après que le Royaume-Uni aura quitté l'Union, aucun accord entre l'UE et le Royaume-Uni ne pourra s'appliquer au territoire de Gibraltar sans accord entre le royaume d'Espagne et le Royaume-Uni », prévoit le projet d'orientation pour les négociations à venir avec Londres que le président du Conseil européen, Donald Tusk, a présenté vendredi et que les 27 doivent entériner d'ici la fin du mois.

« Mari trompé »

Theresa May a réaffirmé dimanche son « ferme » soutien à Gibraltar, et son intention d'oeuvrer pour que l'enclave obtienne le meilleur résultat possible lors des négociations sur le Brexit.

Dans une interview accordée lundi à Reuters, le ministre en chef de Gibraltar, Fabian Picardo, s'en prend vertement à Donald Tusk qu'il compare à un « mari trompé s'en prenant aux enfants après un divorce ».

« Nous ne serons pas une monnaie d'échange et nous ne serons pas les victimes du Brexit pas plus que nous ne sommes les responsables du Brexit. Nous avons voté pour rester dans l'Union européenne. S'en prendre à nous revient à autoriser l'Espagne à se comporter en cherchant à nous intimider », ajoute-t-il.

Et Fabian Picardo d'appeler les dirigeants européens à retirer ce passage sur Gibraltar de la version définitive de leurs principes directeurs des négociations à venir. « Ce serait un signe de bonne foi et de bonne volonté », dit-il.

À rebours de la majorité britannique, les électeurs de Gibraltar ont voté à plus de 95 % en faveur du maintien dans l'UE lors du référendum du 23 juin 2016.

Réaction en Espagne

Côté espagnol, le chef de la diplomatie, Alfonso Dastis, ancien ambassadeur d'Espagne auprès de l'Union européenne, n'a pas voulu faire de commentaire spécifique sur ce veto de fait proposé par Tusk sur Gibraltar, mais a indiqué dans une interview accordée dimanche au quotidien El Pais qu'il voyait « très positivement » la position adoptée par l'UE.

Au lendemain du référendum britannique, son prédécesseur avait estimé que la victoire du Brexit modifiait du tout au tout l'avenir de Gibraltar et son statut de territoire britannique d'outre-mer en vigueur depuis 1713.

« C'est une révolution copernicienne qui ouvre des perspectives complètement nouvelles sur la question de Gibraltar et j'espère que la formule de co-souveraineté, pour ainsi dire le drapeau espagnol sur le "rocher", est beaucoup plus proche qu'auparavant », avait dit José Manuel Garcia-Margallo.

En 2002, les électeurs de Gibraltar ont rejeté à 99 % la formule d'une souveraineté partagée entre Londres et Madrid.

Interrogé sur la comparaison belliciste de Michael Howard, le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert Koenders, a estimé lundi matin que chacun devait garder son sang-froid dans les négociations de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

« Vous constatez maintenant la difficulté de ce divorce », a-t-il dit. « Calmons-nous et continuons et n'utilisons pas un langage trop dur. Négocions. Je pense que c'est le plus important. »

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