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Le Venezuela est à nouveau paralysé par une grève générale

À trois jours de l'élection de l'Assemblée constituante, au Venezuela, le pays était paralysé mercredi par une grève générale de 48 heures, ponctuée par des affrontements qui ont fait deux morts à Ejido et à Caracas.

L'opposition vénézuélienne a lancé un appel à une grève générale de deux jours, mercredi et jeudi, pour protester contre le projet d'Assemblée constituante du président socialiste Nicolas Maduro.

Un homme de 30 ans, identifié comme Rafael Vergara, est mort à Ejido, une ville d'environ 100 000 habitants, à plus de 600 km de la capitale. Le ministère public n'a pas précisé les circonstances exactes de sa mort.

Une autre victime est dénombrée. Il s'agit d'un jeune de 16 ans qui a été tué mercredi lors d'une manifestation à Caracas, a annoncé le parquet.

Depuis le début des manifestations anti-Maduro, 105 morts ont été enrigstrés.

L’opposition, qui est majoritaire au Parlement, s’est lancée dans une course contre la montre pour empêcher le scrutin de dimanche.

Le vote doit permettre l’élection des membres qui formeront l’Assemblée et qui auront pour mission de réécrire la Constitution.

Des détritus, des branches d’arbres ou encore des voitures jonchaient les rues de Caracas afin d’entraver la circulation.

« Finie, la dictature! » pouvait-on lire sur des banderoles mercredi matin à Caracas et dans d'autres villes.

Un chef de l'opposition, Leopoldo Lopez, a exhorté l'armée, principal soutien du président Maduro, à désavouer le projet de Constituante.

« Je vous invite à ne pas être complices de l'anéantissement de la République, d'une fraude constitutionnelle, de la répression », a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée sur Twitter.

L'Assemblée constituante de Nicolas Maduro est vue par l’opposition comme un moyen pour lui de s’accrocher au pouvoir, de contourner le Parlement élu, et d’éviter l’élection présidentielle de la fin 2018.

La veille de la grève générale, certains Vénézuéliens ont décidé d’entreposer des provisions et d’autres ont préféré quitter le pays.

Selon l'institut de sondage Datanalisis, 70 % des Vénézuéliens sont opposés à l'Assemblée constituante.

Une grande manifestation était aussi prévue vendredi à Caracas.

Des sanctions

Le Trésor américain a annoncé mercredi des sanctions contre 13 actuels et anciens hauts responsables gouvernementaux vénézuéliens, pour des affaires de corruption et des atteintes présumées aux droits de la personne.

Les États-Unis souhaitent ainsi que le président Nicolas Maduro renonce à son projet d'Assemblée constituante.

Il y a une semaine, le président américain menaçait d’imposer des « mesures économiques fortes et rapides » si Nicolas Maduro imposait son scrutin le 30 juillet.

« Quiconque est élu à cette Assemblée constituante doit savoir que son rôle de sape du processus et des institutions démocratiques au Venezuela l'exposera à des sanctions américaines » supplémentaires, a insisté le secrétaire du Trésor, Steven Mnuchin.

Nicolas Maduro a rejeté vigoureusement l'imposition de ces sanctions. Lors d'une réunion publique, il a dénoncé « la prétention illégale, insolente et insolite d'un pays à vouloir sanctionner un autre pays. Que croient les impérialistes américains? Qu'ils sont un gouvernement mondial? [...] Nous ne l'acceptons pas ».

Plusieurs gouvernements d'Amérique latine et d'Europe ont appelé le président à renoncer à son projet de Constituante.

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a affirmé mercredi qu’il était préoccupé par les « violations des droits de l'homme et l'usage excessif de la force » au Venezuela.

Les individus ciblés par ces sanctions voient leurs éventuels patrimoines et comptes bancaires gelés aux États-Unis et ils ne peuvent plus commercer avec des Américains.

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