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Le Vietnam déploie 10 000 combattants contre les « mauvaises idées » en ligne

Le Vietnam a dévoilé l'existence d'une unité cybernétique militaire forte de 10 000 hommes pour contrer les « mauvais » points de vue sur le web, ont rapporté des médias, dans la foulée d'un resserrement sécuritaire contre les détracteurs de cet État au parti unique.

La cyber unité, appelée Force 47, est déjà en activité dans plusieurs secteurs, selon ce qu'aurait déclaré le lieutenant-général Nguyen Trong Nghia, chef adjoint du département politique de l'armée, dans le cadre d'une conférence tenue lundi au Département central de la propagande à Ho Chi Minh-Ville, la capitale.

Le Vietnam, sous la férule des communistes, a renforcé ses démarches pour tenter de contrôler Internet, réclamant une surveillance accrue des réseaux sociaux et pour le retrait des contenus jugés offensants, mais les efforts n'ont eu qu'un faible impact sur les détracteurs, d'autant plus que les compagnies fournissant les plateformes ciblées sont des multinationales.

Chez le voisin chinois, par exemple, seules les compagnies numériques locales ont le droit d'offrir leurs services, et toujours en fonction de règles strictes.

Le nombre d'employés consacrés à la surveillance du web se compare aux 6000 personnes qui travailleraient dans le même but, en Corée du Nord. Les commentaires du général portent toutefois à croire que l'unité de cybersurveillance pourrait porter davantage sur les internautes se trouvant au Vietnam, alors que la Corée du Nord s'intéresse surtout au monde extérieur, puisque le web n'est pas accessible à la vaste majorité de la population nord-coréenne.

En août, le président vietnamien a déclaré que son pays devait porter davantage attention au contrôle « des sites d'information et des blogues contenant des informations mauvaises et dangereuses ».

Des compagnies mondiales... et locales

Le Vietnam, l'un des 10 pays comptant le plus d'utilisateurs de Facebook, étudie également un projet de loi sur la cybersécurité exigeant de Facebook et Google qu'ils installent leurs serveurs sur le territoire national. Ledit projet de loi a suscité d'intenses débats à l'Assemblée nationale, et n'a pas encore été approuvé.

Selon la firme de cybersécurité FireEye, le Vietnam a « développé d'importantes capacités en matière de cyberespionnage, et ce dans une région aux défenses relativement faibles ».

« Le Vietnam ne fait certainement pas cavalier seul. FireEye a observé une prolifération des capacités offensives. Cette prolifération a des implications pour bon nombre d'acteurs, y compris des gouvernements, des journalistes, des militants, et même des multinationales », a confié à Reuters un porte-parole de l'entreprise, sous couvert de l'anonymat.

Le Vietnam nie les accusations.

Au cours des derniers mois, le pays a renforcé ses mesures pour faire taire les contestataires. Le mois dernier, un tribunal a condamné un blogueur à sept ans de prison pour avoir « mené un effort de propagande contre l'État ».

Dans une autre affaire similaire, un tribunal a maintenu une peine de 10 ans de réclusion infligée à un important blogueur.

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