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Les 7 doigts de la main veulent charmer les Russes

À Moscou, une équipe du collectif montréalais Les 7 doigts de la main arrive à la fin d'un an et demi de travail et présentera ce soir, en première, son adaptation de l'opérette Princesse de cirque.

Raymond Saint-Pierre

  Un texte de Raymond Saint-Pierre

Au cœur du spectacle, il y a le metteur en scène Sébastien Soldevila, qui a été invité par le Théâtre musical de Moscou à dépoussiérer une œuvre du compositeur hongrois Emmerich Kálmán datant des années 1930.

Les Russes connaissent bien Princesse de cirque, surtout parce que l'œuvre a été transformée en film dans les années 1950. Princesse de cirque tisse une intrigue amoureuse dans laquelle une comtesse est courtisée par plusieurs personnes, dont un artiste de cirque et un baron. Pour Sébastien Soldevila, il s'agit un peu du West Side Story des Russes.

C'est d'ailleurs en voyant ce film qu'il a choisi de s'attaquer à la longue tâche d'adapter cette opérette et de la transformer en un spectacle de théâtre musical auquel on intègre le cirque.

Il a commencé le travail de production à Montréal, en élaborant les chorégraphies avec Geneviève Dorion-Coupal et en créant les décors avec le scénographe Olivier Landreville.

« En général, dans ce genre d'opérettes, on a des Castafiore et des trémolos dans la voix », explique le metteur en scène. « On voulait quelque chose d'un petit peu plus moderne, plus proche d'une comédie musicale. Donc, on a réécrit le scénario, on a incorporé [des éléments du] cirque et, petit à petit, créé le décor. »

Les trois concepteurs se sont ensuite rendus à Moscou au mois d'août, pour former la troupe de 47 artistes et assurer la construction des décors à Saint-Pétersbourg.

Auparavant, les deux interprètes principaux, Maxim Zausalin et Yulia Vostrilova, sont venus à Montréal pour apprendre les nombreuses et complexes chorégraphies.

Le spectacle présente une grande complexité : des danseurs et des acrobates doivent chanter, et des chanteurs doivent être un peu acrobates.

Un des grands défis était de convaincre ces artistes de travailler à la façon des 7 doigts de la main : de proposer de nouveaux mouvements et d'improviser.

« Je n'avais pas de propositions de leur part », dit la chorégraphe Geneviève Dorion-Coupal. « C'est contre ça que je me suis battue au début, pour dire : "Ouvrez la valve, proposez-moi des choses, donnez-moi du jus." »

Des Russes et des touristes étonnés ont pu voir des extraits de Princesse de cirque au GUM, une prestigieuse galerie commerciale à Moscou, à la fin du mois de septembre, soit deux semaines avant la première.

Les médias ont pu voir des extraits du spectacle, une semaine plus tard.

La soirée de première sera la fin de cette aventure, mais peut-être aussi le début d'une autre. Le spectacle Princesse de cirque sera inscrit dans le répertoire du Théâtre musical de Moscou. Puis Sébastien Soldevila rêve aussi d'en créer une version en français et de l'importer à Montréal et peut-être même une version en anglais, pour le reste de l'Amérique du Nord.

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