Des chefs cuisiniers des États-Unis et de Porto Rico mettent la main à la pâte pour nourrir la population durement frappée par l'ouragan Maria.

Un texte de Christian Latreille, envoyé spécial à Porto Rico

C’est le chef José Andrés, de Washington, qui a lancé le mouvement « Chefs for Porto Rico ».

160 000 repas ont été préparés par ces cuisiniers professionnels depuis le 26 septembre.

« Ça me rend triste de savoir que des enfants ont faim, affirme le chef portoricain Yamil Lopez, mais je suis heureux d’aider mon pays. »

Il se dit fier de pouvoir mettre sa touche à la paella surnommée Maria. Des tonnes de ce plat à base de riz sont concoctées par les chefs.

Deux semaines après le violent passage de l’ouragan, il y a encore un criant besoin de nourriture partout sur l’île.

Selon Erin Shrode, de World Central Kitchen, une organisation humanitaire, 30 000 repas par jour sont actuellement préparés.

« Et nous ouvrons, ajoute-t-elle, trois autres cuisines dans différentes localités de Porto Rico où les besoins sont urgents. »

Les couloirs de l’amphithéâtre de San Juan, la capitale, ont été transformés en usine à sandwichs.

De 10 000 à 15 000 sandwichs y sont préparés quotidiennement par des dizaines de bénévoles.

Toute cette nourriture est redistribuée sur le territoire de Porto Rico comme à Guaynabo, une des plus importantes villes de l’île.

Le gymnase municipal est devenu une cafétéria où les gens se serrent les coudes pour manger un rare repas chaud.

« J’ai perdu ma nourriture et mes vêtements, mais l’important c’est que je suis toujours en vie, affirme Jorge Quinones, un résident de Guaynabo. »

La paella Maria ne règle pas tous les problèmes, mais apporte un peu de réconfort à une population qui tente de se relever.

Porto Rico manque encore de tout : essence, eau, glace, et surtout l’électricité qui pourrait prendre des mois avant de revenir complètement.

Ces jeunes de Guaynabo, venus déguster un bon dîner, incarnent un certain espoir pour Porto Rico qui aura besoin de tous ces sourires pour redevenir un jour une île de plaisir.

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