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Les Chinois séduits par les vélos 2.0 en libre-service

Mon premier est technologique. Mon deuxième est flexible. Mon troisième a le vent en poupe. Mon tout est un nouveau type de vélo en libre-service, qui fait de plus en plus d'adeptes au pays de la bicyclette.

D’abord, la surprise. En voyant, lorsqu'on vient d’arriver à Pékin, des vélos sans attache ni cadenas apparents, ici et là, isolés ou en grappes au coin des rues, sur les trottoirs, devant des boutiques et des bureaux, près des stations de métro et des résidences.

Ensuite, la curiosité. Après avoir rapidement compris qu’il s’agit d’une nouveauté en matière de vélo en libre-échange, on a envie d'apprendre comment ça fonctionne. Li Tongwan, un des usagers, en fait la démonstration.

Sur l’écran de son téléphone intelligent, il montre une application qui lui avait d’abord permis de repérer un vélo dans les parages et qui le déverrouillera grâce à un code QR.

Surtout : nul besoin de rapporter le vélo à une station fixe, contrairement au Bixi à Montréal, au Bike Share à Toronto, ou encore aux bicyclettes publiques de Pékin, car il se verrouille une fois le trajet terminé et la course payée, le montant est prélevé sur le compte de l’usager.

Liberté 2.0 à petit prix

Cette façon de louer un vélo, avec plus de liberté grâce à la technologie, s'inscrit parfaitement dans la tendance en Chine : tout ou presque peut s'acheter ou se commander avec un téléphone intelligent.

La location de ces nouveaux vélos branchés que l’on peut laisser n’importe où reste abordable, soit moins de 1 $ l’heure, parfois seulement 0,20 $ (environ 1 yuan).

Les jeunes entreprises, comme les deux grandes rivales Mobike aux vélos orange et Ofo aux vélos jaunes, peuvent offrir ces prix notamment grâce aux centaines de millions de dollars investis par des géants chinois de l’Internet, de la technologie et de l’économie de partage.

Des investissements qui sont aussi un moyen de rejoindre les quelque 700 millions de Chinois qui consulteraient le web avec leur téléphone intelligent, soit la moitié de la population.

Petite revanche pour la petite reine

Pour l’heure, les promoteurs des nouveaux vélos en libre-service disent avoir attiré des dizaines de millions d’usagers en quelques mois à Pékin, à Shanghai et dans plusieurs autres villes du pays.

Mobike croit être en train de changer le paysage urbain.

Nous constatons que les gens qui utilisent Mobike le font pour de courtes distances, 1 à 3 kilomètres. Pour aller du métro au travail, ou du métro à la maison. Avant, pour ce genre de trajets, ils prenaient l’autobus ou encore, les taxis illégaux.

Xing Lin, directeur général de Mobike à Pékin

À Pékin, certains de ceux et celles que nous avons croisés au guidon de ces bicyclettes confirment s’être mis au vélo récemment pour parcourir de courtes distances.

Les uns parce que c’est plus pratique, plus abordable que les transports en commun, les autres, parce que cela permet de mieux se faufiler entre les véhicules qui ont détrôné, au fil des ans, la petite reine durant les décennies de modernisation du pays.

Hu Xingdou, professeur en économie à Pékin, souligne qu'à l'époque où la Chine était un pays de vélos c'était un symbole de pauvreté.

Maintenant, ça a changé : malgré le fait que beaucoup de gens continuent d’acheter des voitures, beaucoup de jeunes adoptent le vélo comme style de vie branché et bon moyen de transport respectant l’environnement.

.Hu Xingdou, professeur en économie à l’Institut technologique de Pékin

Un point non négligeable dans cette Chine qui connaît souvent des pics de pollution.

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