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Les « cibles vulnérables » et la radicalisation en ligne au menu des ministres du G7 à Toronto

Les attaques dans des espaces publics non sécurisés, comme celle au véhicule-bélier qui a coûté la vie à 10 personnes en plus d'en blesser 15 autres à Toronto, étaient à l'ordre du jour des ministres de la Sécurité des pays membres du G7 réunis mardi dans la Ville Reine.

L'attaque qui s’est déroulée lundi après-midi dans une artère achalandée de Toronto fait partie des pires cauchemars d'un agent de lutte contre le terrorisme.

Les analystes en matière de sécurité l'abordent sous l'angle de « cibles vulnérables », des espaces publics non sécurisés où une personne malveillante peut faire un maximum de dommages.

Lancer un véhicule à toute vitesse sur une foule n’est pas un phénomène nouveau. La ville de Toronto fait désormais partie d’une longue liste de villes à travers le monde qui ont été visées par des attaques du même genre.

Les ministres de la Sécurité des pays du G7 réunis à Toronto ont discuté mardi de ce type de scénario et des récentes attaques d’origine terroriste dans des endroits publics.

La tragédie de Toronto remet en perspective les défis immenses que représente la sécurisation de lieux publics ordinaires devant des menaces extraordinaires.

Collecte d’informations, planification et répétition

Lors d’un point de presse mardi en fin d'après-midi, au terme de sa rencontre à huis clos avec ses homologues du G7, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a indiqué qu’il mettait à jour le plan national d'intervention en cas d’urgence, à la demande du premier ministre.

La version revue et améliorée misera davantage sur la planification et l’entraînement.

« Faire des exercices d'urgence et des répétitions pour s’assurer [que les autorités responsables] sachent quoi faire si un incident se produit réellement », a illustré le ministre Goodale.

Des séances de planification et d’entraînement ont déjà eu lieu avec des partenaires provinciaux et diverses agences fédérales, a-t-il ajouté.

Selon Ralph Goodale, l’important pour le Canada, tout comme les autres pays du G7, est « d’avoir le plus d’informations possible afin d’éviter les surprises ».

Radicalisation en ligne

Ralph Goodale a dévoilé que les discussions de lundi entre les ministres de la Sécurité des pays du G7 ont porté principalement sur les « terroristes voyageurs ».

« Maintenant qu’ils se concentrent moins sur la Syrie et l’Irak, il y a une grande question qui demeure : où iront-ils?, a souligné M. Goodale. Nous discutons de moyens pour nous assurer que nous parvenons à trouver la réponse à cette question. »

Mardi, le rôle d’Internet dans le recrutement de terroristes et comme outil de communication a été l’un des principaux points abordés.

Des chefs de file de l’industrie de la technologie, dont Facebook, Microsoft, Twitter et YouTube, ont rencontré les ministres du G7 pour faire part des progrès en matière de lutte contre le terrorisme.

Ces entreprises font partie du Forum Internet mondial pour la lutte contre le terrorisme (Global Internet Forum to Counter Terrorism).

Au mois de décembre, elles avaient exprimé leur désir de « freiner la propagation » du contenu terroriste en ligne. Elles se penchent aussi sur la façon dont les technologies peuvent être exploitées dans un but de violence.

Elles ont présenté mardi des données faisant état du progrès de leurs démarches.

« Dans le premier trimestre de l’année, Facebook est intervenu sur 1,9 million d’articles portant sur du contenu de l'EI ou d'Al-Qaïda, ce qui est deux fois plus que ce qu’elle aurait fait dans le trimestre précédent, », a cité Ralph Goodale en exemple.

Si les ministres du G7 ont salué ces progrès, ils en veulent plus, a dit M. Goodale. Le retrait de matériel terroriste en ligne doit être encore plus rapide, a-t-il insisté, et les entreprises doivent se rapporter plus régulièrement aux gouvernements des sept pays les plus industrialisés, ainsi qu’au public, par souci de transparence.

Ralph Goodale a ajouté que d’autres discussions ont porté sur le rôle des entreprises et du gouvernement pour améliorer le niveau de « culture numérique » chez les citoyens, afin que ceux-ci puissent être plus « proactifs » et identifier plus facilement les « fausses nouvelles », par exemple.

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