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Les constructeurs automobiles européens menacés de tarifs douaniers aux États-Unis

Donald Trump menace d'imposer des tarifs douaniers de 20 % sur tous les véhicules automobiles importés d'Europe, laissant planer la perspective d'une escalade dans le conflit commercial opposant les États-Unis à l'Union européenne (UE).

L'avertissement du président américain a été lancé sur Twitter vendredi matin, quelques heures à peine après que des tarifs douaniers européens sur des dizaines de produits américains, comme des jeans, du bourbon et des motos, sont entrés en vigueur.

Ces tarifs constituent eux-mêmes une réponse de l'UE à la décision américaine d'imposer, depuis le 1er juin, des tarifs sur les importations d'acier et d'aluminium provenant d'Europe et du Canada.

L'imposition de tels tarifs douaniers est considérée depuis plusieurs semaines déjà aux États-Unis. Une enquête sur les importations automobiles doit être conclue au cours des prochaines semaines, a déclaré jeudi le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross.

L'enquête vise officiellement à déterminer si les importations d'automobiles constituent une menace à la sécurité nationale des États-Unis.

La déclaration de Donald Trump a provoqué un net repli des titres des valeurs automobiles européennes, dont l'indice a perdu jusqu'à 7,7 % pour finalement terminer en baisse de 0,64 %. Cette menace a également brièvement fait basculer dans le rouge l'indice DAX de la Bourse de Francfort, tandis que l'euro réduisait sa progression face au dollar.

À l'heure actuelle, les États-Unis appliquent des tarifs douaniers de 2,5 % sur les voitures assemblées en Europe et de 25 % sur les camionnettes et fourgonnettes. Les véhicules fabriqués aux États-Unis subissent, eux, une taxe douanière de 10 % à leur entrée dans l'Union européenne.

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump menace d'imposer des tarifs douaniers sur les véhicules fabriqués en Europe. Il l'a notamment fait le 3 mars, deux jours après avoir annoncé qu'il allait imposer des droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium.

Lors d'une rencontre avec des fabricants automobiles à la Maison-Blanche le 11 mai, il avait aussi déclaré envisager l'imposition de tarifs de 20 % à 25 % sur certains véhicules importés. Il avait alors dénoncé le surplus commercial enregistré par l'Allemagne dans ce secteur.

La Chambre de commerce des États-Unis a déjà fait savoir qu'elle est contre cette approche. Elle dit craindre que des tarifs douaniers ne portent un dur coup à l'industrie automobile, dont la production a doublé au cours de la dernière décennie.

Des républicains du Congrès critiquent aussi l'approche commerciale protectionniste du président Trump. Avant qu'il ne soit élu, le Grand Old Party défendait plutôt le libre-échange.

De grands constructeurs automobiles européens, dont Volkswagen, Daimler et BMW ont déjà des usines aux États-Unis. BMW est notamment l'un des plus importants employeurs en Caroline du Sud, avec 9000 employés sur sa liste de paie.

Les États-Unis sont un marché important pour les fabricants européens. Mercedes-Benz et BMW y ont réalisé 15 % de leurs ventes en 2017, Audi, 12 % et Volkswagen, 5 %.

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