Le seul voilier-école du Québec, le Roter Sand, repart cette semaine pour une nouvelle aventure avec à son bord 12 jeunes de 18 à 35 ans inscrits au programme Cabestan en réinsertion sociale.

Un texte de Joane Bérubé avec la collaboration de Maude RivardLe fondateur de l’organisme Ecomaris qui parraine ces activités, Simon Paquin, explique que les demandes de jeunes affluent pour profiter de cette expérience, mais que les fonds manquent pour répondre aux besoins. L’organisme peut recevoir de 600 à 700 demandes par année. « On ne fournit pas », constate Simon Paquin.

Défis financiers

Toutefois, le jeune entrepreneur ne comprend pas que son organisation n’ait pas plus de soutien dans un contexte où Québec veut mettre l’accent sur le développement du secteur maritime. « On fait la promotion des métiers de la mer, on prend les jeunes, on les initie, on les redirige vers des compagnies, vers la Garde côtière, vers les écoles nationales de formation. »

Écomaris est une entreprise d’économie sociale, un organisme à but non lucratif avec un statut d’organisme de charité. « C’est quand même étonnant, mais dans le domaine dans lequel on œuvre, la formation et l’éducation, on est rentable », relève le fondateur de l’entreprise.

Le revers, c’est que depuis sa fondation, l’organisation traîne une dette. « On a été sous-capitalisés au départ », juge Simon Paquin. Si bien que les frais financiers d’Écomaris pourraient bien avoir raison à long terme de l’entreprise.

Défis sociaux

Pourtant, le programme de réinsertion sociale fait lui aussi ses preuves et peut réellement aider un jeune qui vit dans la rue à se reprendre en mains, soutient Simon Paquin. « On les amène à bord, dit-il, mais c’est juste un déclencheur. On déclenche des passions, on déclenche une prise en main, un chemin vers l’autonomie. »

D’autres profiteront de leur voyage pour consolider un choix de carrière. Certains en profitent pour faire le point sur leurs problèmes familiaux ou autres.

Le défi d’affronter la mer, l’entraide, les amitiés qui se développent tout au long du voyage en font une expérience unique pour de nombreux jeunes. « On crée une appartenance vraiment à cet environnement et on s’en sert comme un outil de développement. On ne les lâche pas. Il y en a qui reviennent deux ans après, on est toujours là. C’est vraiment une mission », ajoute le responsable du projet.

Simon Paquin admet qu’Ecomaris est une entreprise hors norme. « Il n’y a pas de programme pour nous. Le volet jeunesse de la stratégie maritime n’est pas encore développé », constate M. Paquin qui se dit très ouvert à la créativité pour trouver des solutions.

Le premier groupe de l’année embarquera sur le Roder Sand à Québec mercredi et mettra ensuite le cap sur Rivière-au-Renard en Gaspésie.

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