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Les démocrates dénoncent Trump « l’intimidateur »

Le président américain et les membres de son administration sont des « intimidateurs » qui sèment la division aux États-Unis, ont dénoncé des têtes d'affiche du Parti démocrate dans la foulée du discours sur l'état de l'Union prononcé mardi soir par Donald Trump.

« Les intimidateurs peuvent donner des coups. Ils peuvent laisser des marques », a asséné le représentant démocrate Joe Kennedy, qui donnait la réplique officielle du parti. « Mais ils n’ont jamais, dans toute l’histoire des États-Unis, réussi à égaler la force et l’esprit d’un peuple uni dans la défense de son avenir. »

Parlant depuis une école de formation professionnelle de Fall River, au Massachusetts, une ville abritant de nombreux ouvriers, le petit-fils de Robert Kennedy et petit neveu de l’ex-président John F. Kennedy a notamment insisté sur la nécessité de mettre fin aux divisions engendrées selon lui par la Maison-Blanche.

« Nous sentons tous les lignes de faille d’un pays divisé. […] Nous entendons les voix des Américains qui se sentent oubliés ou délaissés », a ajouté M. Kennedy qui, à 37 ans, en est déjà à son troisième mandat de représentant dans un district du sud-est du Massachusetts.

« Il serait facile de rejeter la dernière année comme étant celle du chaos, de la partisanerie, de la politique. Mais c’est beaucoup plus gros que ça », a-t-il encore dit. « Cette administration ne fait que cibler des lois qui nous protègent – ils ciblent l’idée même que nous méritons tous ces protections. »

Joe Kennedy a aussi fait référence à différents mouvements sociaux très actifs, comme #MoiAussi ou Black Lives Matter, et s’est adressé directement aux Dreamers, ces clandestins arrivés aux États-Unis alors qu’ils n’étaient qu’enfants, et qui sont maintenant à risque d’être expulsés du pays.

Les démocrates ont fait de la régularisation de la situation des Dreamers un réel cheval de bataille pour les prochains mois, qui doivent mener aux élections de mi-mandat, en novembre. Il y a quelques jours, ils ont paralysé l’administration fédérale pour obtenir gain de cause à ce sujet.

« Les Américains ne veulent pas d’un président compulsivement malhonnête »

L’autre réplique remarquée au discours sur l’état de l’Union est venue de Bernie Sanders. Le sénateur du Vermont qui a brigué en vain l’investiture démocrate en vue de la présidentielle de 2016 s’est adressé à ses partisans par Facebook Live au moment même où Joe Kennedy prononçait la réponse officielle des démocrates.

M. Sanders, qui jonglerait toujours avec l’idée de se représenter lors de la présidentielle de 2020, a dénoncé le fait que M. Trump n’ait aucunement parlé des inégalités des revenus ou des changements climatiques, qui constituent des menaces réelles selon lui.

« Les Américains ne veulent pas d’un président compulsivement malhonnête, qui est un intimidateur, qui représente activement les intérêts d’une classe de milliardaires, qui est antiscience, et qui tente de nous diviser en fonction de la couleur de notre peau, de notre pays d’origine, de notre religion, de notre genre ou de notre orientation sexuelle », a-t-il lancé.

La sénatrice démocrate du Massachusetts Elizabeth Warren, aussi considérée comme une potentielle candidate à la prochaine présidentielle, a également critiqué vertement les politiques sociales et économiques du président Trump.

« Les États-Unis ne sont pas plus forts quand Donald Trump tente de priver de soins de santé des millions d'Américains. Notre avenir n'est pas meilleur quand il donne d'énormes baisses d'impôt à des milliardaires et à de grandes sociétés, de sorte qu'il n'y a plus d'argent pour l'éducation, les infrastructures et les outils dont nous avons besoin pour réussir ».

L'ACLU dénonce des politiques d'exclusion

Le discours du président Trump n’a pas davantage plu à l’American Civil Liberties Union (ACLU), une association à but non lucratif dédiée à la défense des droits et des libertés individuelles qui s’adresse souvent aux tribunaux pour contester des politiques de l’administration Trump.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, son directeur politique national, Faiz Shakir, a souligné que M. Trump avait prononcé le mot « America » 82 fois pendant son allocution, mais que de nombreux Américains ont néanmoins l’impression qu'ils sont « exclus » de sa vision du pays.

Il a notamment dénoncé le fait que le président a pris les Dreamers en otages pour financer de nouveaux tronçons d’un mur à la frontière américano-mexicaine, mener à bien des « expulsions de masse » et faire adopter une liste de politiques « anti-immigrants ».

M. Shakir s’est aussi attaqué à la décision du président de maintenir la prison militaire de Guantanamo Bay ouverte. « Quel gaspillage! », a-t-il déclaré, en soulignant que le Trésor américain dépense 400 millions de dollars par année pour y garder en détention 41 personnes.

Selon lui, le Congrès a la responsabilité de se battre pour défendre des politiques inclusives et faire respecter la règle de droit.

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