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Les émissions mondiales de GES sont stables, mais néanmoins trop élevées

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) issues des énergies fossiles sont pratiquement stables depuis 2014, un progrès réel mais insuffisant pour contenir le réchauffement climatique au niveau fixé par l'Accord de Paris.

C'est la conclusion à laquelle en vient le Global Carbon Projet, qui réunit des scientifiques du monde entier, dans une étude présentée lundi en marge de la conférence sur le climat de Marrakech (COP22).

Entre 2004 et 2013, les émissions de GES issues de l'extraction ou de la combustion d'énergies fossiles augmentaient à un rythme annuel de 2,3 %, souligne le groupe dans son étude, publiée dans le journal Earth System Science Data.

Mais la situation a cependant bien changé depuis. Ces émissions n'ont augmenté que de 0,7 % en 2014, sont demeurées stables en 2015, et ne devraient augmenter que de 0,2 % en 2016. Une situation « sans précédent en période de forte croissance économique », souligne l'auteure principale, Corinne Le Quéré, de l'université britannique d'East Anglia.

L'Accord de Paris, conclu l'an dernier et entré en vigueur il y a une dizaine de jours, vise à réduire la hausse moyenne des températures à moins de 2 degrés Celsius au niveau d'avant la Révolution industrielle.

Pour y parvenir, il ne suffit cependant pas de stabiliser les émissions de GES, soutiennent les scientifiques du Global Carbon Projet. Il faudrait plutôt les réduire de 0,9 % jusqu'en 2030.

Selon l'étude du Global Carbon Project, le monde a déjà utilisé les deux tiers d'un « budget carbone », qui représente la somme des GES qui peuvent être émis pour atteindre l'objectif fixé. À ce rythme, le « budget » sera épuisé dans moins de 30 ans.

En raison de l'inertie des GES, qui perdurent longtemps, leur concentration dans l'atmosphère n'a jamais été aussi élevée qu'en 2015, souligne l'étude du Carbon Global Project.

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a d'ailleurs confirmé lundi que la température moyenne pour 2016 devrait s'établir à 1,2 degré Celsius au-dessus de l'ère pré-industrielle, un niveau record.

« Si cela se confirmait, le 21e siècle compterait 16 des 17 années les plus chaudes constatées depuis le début des relevés » à la fin du 19e siècle, selon l'agence onusienne.

« Dans certaines régions arctiques de la Fédération de Russie, la température était supérieure de 6 à 7°C à la normale », a indiqué Petteri Taalas, le secrétaire général de l'OMM.

« Et dans de nombreuses régions arctiques et subarctiques de la Russie, de l'Alaska et du nord-ouest du Canada, la température a dépassé la normale d'au moins 3 °C, ajoute-t-il en soulignant que « jusqu'ici, les records de chaleur s'exprimaient en fractions de degré ».

Le phénomène El Niño, une intensification du courant équatorial chaud du Pacifique qui survient tous les cinq ans, a contribué aux résultats des deux dernières années, spécifie l'OMM. Ce phénomène se dissipe depuis le printemps dernier.

Selon le Global Carbon Projet, les forêts ont pu absorber moins de dioxyde de carbone (CO2) au cours des deux dernières années en raison du phénomène El Niño.

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